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J’apprends à m’aimer sur les photos

Pour enfin réussir à regarder sans souffrir les clichés sur lesquels nous apparaissons, suivons les conseils d’Élodie Sueur-Monsenert, thérapeute du corps et de l’image. Elle nous propose des exercices simples qui nous aideront à nous accepter tels que nous sommes.

Cet article est paru dans le magazine Notre Temps Santé & Bien-Être

Je fabrique mon pêle-mêle personnel

Sélectionnez cinq ou six photos de vous à différentes étapes de votre vie (enfant, adolescent, jeune adulte…) et fabriquez un pêle-mêle en format numérique ou sur papier. Affichez-le dans un endroit où vous serez amené à le voir régulièrement. Il est très probable qu'avec le recul des années, vous allez porter sur ces représentations d'hier un regard beaucoup moins sévère que celui d'aujourd'hui. "Tiens, mais finalement, je n'étais pas mal!" "Je n'étais pas si grosse!"

C'est quoi l'objectif?

Cet exercice conduit à expérimenter l'indulgence – voire l'amour – dans la manière de se regarder. Et même si les clichés sont anciens, cette bienveillance finira par influer sur le regard que vous posez sur vous.

Je redécouvre mon corps grâce à un miroir

En sous-vêtements ou en maillot de bain, mettez-vous devant un miroir en pied. Puisque vous ne vous aimez pas trop, votre attention sera captée par les défauts que vous verrez dans votre reflet. Pour chacun de ces défauts (des vergetures, un ventre un peu trop rond, des épaules affaissées…), essayez de décrypter à quel événement ou moment de votre histoire votre corps vous renvoie (vos grossesses, la ménopause, certaines violences passées…).

C'est quoi l'objectif?

En établissant un lien entre votre corps et votre histoire, vous allez comprendre qu'il est un allié vous ayant soutenu dans les grands événements de votre vie. Il est un partenaire sur lequel vous pouvez compter. De quoi le regarder avec davantage de gratitude et moins de sévérité.

Je m’offre une séance photo ludique

Avec une amie en qui vous avez toute confiance, organisez une séance photo un brin régressive, un peu à la manière des soirées pyjamas de votre enfance. Choisissez une tenue, du maquillage, une coiffure que vous n'osez peut-être pas arborer en temps normal. Puis prenezvous en photo à tour de rôle, en défilant ou en adoptant des poses de star. Mettez de la musique, riez, bref, offrez-vous un moment joyeux et festif!

C'est quoi l'objectif?

Bien à l'abri derrière un rôle, des artiices et une mise en scène, il est probable que vous allez vous lâcher et renoncer au contrôle – même inconscient – de votre image. Et il y a fort à parier que parmi ces clichés, un ou plusieurs auront l'heur de vous plaire!

Je réalise un selfie par jour

Installez-vous confortablement et faites un selfie cadré sur votre visage. Sans filtre, si possible sans maquillage, sans pose forcée, le plus naturellement possible. Observez ensuite cette photo, en détail, en vous attardant sur certaines parties. Laissez survenir les émotions, puis essayez de poser des mots. Qu'est-ce qui vous gêne précisément, vous met mal à l'aise? Vos cheveux, votre nez, vos yeux, la forme de votre visage? Y voyez-vous une ressemblance, ou encore le rappel d'un événement douloureux? Renouvelez cet exercice tous les jours.

C'est quoi l'objectif?

À force de vous confronter à votre image, les émotions ressenties seront de moins en moins envahissantes et désagréables. Au rejet initial succédera une acceptation du réel, exempte de douleur.

Élodie Sueur-Monsenert: "Une détestation de notre image est sans nul doute le signe d’un mal-être"

Pourquoi certaines personnes répugnent-elles à se voir en photo

Élodie Sueur-Monsenert: Une photographie ne reproduit pas seulement nos traits physiques, elle relète bien d'autres choses, beaucoup plus profondes. Ne dit-on pas qu'une photo est le miroir de l'âme? Ces choses-là, pas immédiatement perceptibles, c'est notre inconscient qui s'en saisit. Et ce sont elles qui peuvent provoquer un malaise, des émotions désagréables. Un portrait de nous peut ainsi nous confronter à des aspects de notre personnalité plus ou moins sombres, cachés ou douloureux, que l'on n'a pas envie de voir.

Est-ce si grave de se détester sur les clichés

Élodie Sueur-Monsenert: Il est vrai que l'on peut toujours s'arranger pour fuir les objectifs ou faire le tri par le vide en ne gardant aucune photo de soi! Mais il est probable qu'à un moment ou un autre, nous aurons des regrets de n'avoir aucun cliché personnel. Et puis, cette détestation de notre image est sans nul doute le signe d'un mal-être qu'il serait dommage de ne pas explorer afin de le dépasser.

En quoi apprendre à aimer notre image peut-il nous faire du bien?

Élodie Sueur-Monsenert:  Cette démarche va permettre de nous accepter pleinement, dans toutes nos dimensions, et d'atteindre ainsi une forme de sérénité, de paix intérieure. En un mot, d'être bien avec nous-même! En outre, on y gagnera en estime de soi, cette force qui autorise à accepter les compliments, à s'en nourrir, tout autant qu'elle nous arme pour entendre les critiques sans nous effondrer.

Notre experte

Élodie Sueur-Monsenert a développé différents outils pour pratiquer la photo-thérapie (www.photo-therapie.com). Elle dispense des formations et elle est coauteure, avec Priscilla Gissot, du livre Photographie thérapeutique et photo-thérapie (éd. Eyrolles).

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