Voici comment réagir face à ces 5 accidents de la vie courante
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Lorsqu'un accident survient, les premières secondes sont primordiales. Or, la plupart du temps nous ne savons pas comment réagir: que faire concrètement face à un étouffement, une chute, une intoxication, un AVC ou une infection hivernale grave? Comment savoir si l'on doit agir soi-même, comment ou appeler les secours et attendre?
Voici donc, à travers l'expertise de Jérémy Guy, infirmier anesthésiste au SMUR, formateur en réanimation, créateur de contenu dans le domaine médical et auteur du livre Urgences: le bon geste, au bon moment, les bons réflexes à adopter face à cinq urgences du quotidien.
Comment faire en cas d’étouffement?
L'étouffement fait partie des urgences où la précipitation peut sauver… ou aggraver. Jérémy Guy insiste sur la nécessité de distinguer d'abord une obstruction partielle d'une obstruction totale. Lorsque la personne peut encore produire un son, même déformé, c'est un étouffement partiel. "Dans ce cas, il ne faut surtout pas donner de tapes dans le dos: il s'agit plutôt de la rassurer, de la mettre en position semi-assise et d'appeler le 15 immédiatement" conseille Jérémy Guy.
En revanche, si aucun son n'est émis et que la personne change de couleur ou s'agite, l'obstruction est totale. "Il faut pratiquer les cinq tapes dans le dos… et si ça ne suffit pas, on fait la manœuvre de Heimlich", explique-t-il. À chaque geste, il faut se dire que l'objectif est de déloger l'objet, sans multiplier les actions inutiles. Lors d'un étouffement total, il est nécessaire d'appeler les secours. Néanmoins, pour un étouffement partiel, si l'objet a réussi à être dégagé, le recours aux secours n'est pas nécessaire.
Que faire en cas d'intoxication médicamenteuse?
En cas d'intoxication médicamenteuse, la priorité est d'identifier le nom du produit, la quantité ingérée et l'heure de la prise. Contrairement à une idée reçue encore très répandue, il ne faut jamais faire vomir la personne: "On ne conseille pas du tout, car certains médicaments sont absorbés très rapidement par le corps", précise Jérémy Guy.
Une fois le 15 appelé, les équipes médicales détermineront si une hospitalisation est nécessaire et avec quel degré d'urgence. Certaines substances agissent lentement et laissent plus de marge, d'autres, beaucoup plus rapidement et nécessitent une intervention immédiate.
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Que faire après une mauvaise chute?
Les chutes, surtout chez les personnes âgées, doivent être analysées avec attention. "Un signe discret, souvent méconnu, peut indiquer une fracture grave: le raccourcissement d'une jambe par rapport à l'autre est typique d'une fracture du col du fémur", explique l'infirmier anesthésiste. "La douleur, l'incapacité à se relever ou à tenir debout, mais aussi si la personne prend des anticoagulants (ceux-ci pouvant favoriser une hémorragie intracrânienne), sont des critères qui justifient d'appeler immédiatement le 15" ajoute-t-il.
Déplacer la personne n'est pas systématiquement recommandé: tout dépend de la chute elle-même et de la douleur exprimée. L'évaluation doit se faire calmement, sans gestes brusques. Et pour éviter ces situations, Jérémy Guy insiste sur l'importance de la prévention: "un déambulateur, un collier anti-chute, la téléassistance, l'aménagement du domicile…", autant de mesures qui peuvent diminuer les risques.
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Quels sont les premiers gestes à faire en cas d'AVC?
Face à un AVC, reconnaître les signes est vital. Jérémy Guy s'appuie sur le célèbre acronyme FAST: "F pour Face, visage déformé ou coin de la bouche qui tombe; A pour Arm, un bras qui s'affaisse quand on essaie de le lever; S pour Speech, des troubles du langage; T pour Time, car il faut agir vite". Il rappelle que ces symptômes peuvent apparaître soudainement, parfois accompagnés d'un mal de tête d'apparition brutale associé à des vomissements.
Dans une telle situation, aucun geste particulier n'est à faire, sinon éviter d'agiter la personne: pas de déplacement, pas de boisson, pas d'aliments. La seule action vitale consiste à appeler le 15 le plus rapidement possible, puisqu'un AVC doit être traité dans les quatre heures pour limiter les séquelles.
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Savoir quand une infection hivernale devient urgente
De prime abord, la grippe, la Covid, la bronchiolite et les autres infections hivernales ne nécessitent pas un passage aux urgences. "Tout dépend de la tolérance individuelle et de l'évolution des symptômes. Certaines personnes supportent très bien une forte fièvre, tandis que d'autres sont rapidement en difficulté. C'est surtout la manière dont la personne arrive à s'alimenter et à boire qui fait la différence", explique Jérémy Guy.
Des signes doivent cependant alerter: respiration trop rapide, creusement des côtes pendant la respiration, sueurs anormales, fatigue extrême ou amaigrissement. Dans ces cas-là, il faut consulter rapidement, en commençant par le médecin traitant lorsque cela est possible. Le SAMU ne doit intervenir qu'en cas de signes graves, afin d'éviter d'engorger les services en pleine saison virale. "Et pour prévenir les formes sévères la vaccination reste la meilleure protection, surtout pour les personnes vulnérables et celles qui les entourent", rappelle Jérémy Guy.
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