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Franchises médicales: des augmentations à prévoir en 2026

L’heure est aux restrictions budgétaires. Et la santé n’y échappe pas. Pour faire des économies, l’exécutif envisagerait de doubler les plafonds annuels ainsi que le montant unitaire des franchises sur les boîtes de médicaments et les consultations dans les prochains mois. De quoi faire grimper le reste à charge des assurés.

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Déjà revues à la hausse en 2024, les franchises qui restent à la charge des assurés devraient donc encore augmenter en 2026, et peut-être même avant, en passant par décret. Le gouvernement s'apprêterait en effet à mettre davantage les Français à contribution. Pour le ministre chargé de la Santé Yannick Neuder, il s'agirait, outre les économies escomptées (2 milliards d'euros), de leur "faire prendre conscience que la santé a un coût". Le gouvernement souhaiterait doubler les plafonds annuels, mais également le montant unitaire des franchises sur les boîtes de médicaments et les consultations chez le médecin, selon une information révélée par nos confrères des Échos.

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Objectif: 2 milliards d'euros d'économies

Aujourd'hui, un patient doit payer de sa poche 1 euro par boîte de médicament (contre 0,50 euros avant 2024), et 2 euros par consultation chez le généraliste (contre 1 euro avant 2024), et ces franchises sont plafonnées: leur montant ne peut pas dépasser 50 euros par an. En 2026, ce plafond pourrait passer à 100 euros selon Les Échos, et les franchises unitaires devraient doubler, pour passer de 1 à 2 euros par boîte de médicament et de 2 à 4 euros par consultation médicale.

Des projets de décrets qui ont été transmis aux caisses de Sécurité sociale, mais qui risquent d'être très impopulaires. Car ces petites sommes discrètement déduites des remboursements de l'Assurance maladie seront désormais à la charge des malades. Une atteinte directe au portefeuille des Français. En passant par décret, le gouvernement s'exempterait de l'attente du vote du budget de la Sécurité sociale, et ces mesures pourraient entrer en œuvre plus rapidement.

Autre mesure envisagée: faire payer ces franchises aux assurés au moment même de la consultation ou de la délivrance du médicament. Aujourd'hui, les franchises et participations forfaitaires ne sont pas prélevées par les professionnels de santé eux-mêmes au moment de votre paiement. Ce qui vous permet de ne rien avoir à débourser sur le moment si vous bénéficiez du tiers payant. "Nous voulons aussi que demain, ces franchises soient payées au comptoir plutôt que via le fonctionnement actuel, avec un prélèvement ultérieur que l'assuré ne voit pas", avait déclaré Catherine Vautrin au Monde le 25 juillet dernier. Les franchises médicales ne concernent "pas les femmes enceintes", "les mineurs", ni "les personnes aux revenus modestes", a rappelé Yannick Neuder ce jeudi sur TF1.

Les pharmaciens en grève le 16 août

Les assurés ne sont pas les seuls à être sollicités pour faire des économies. Les pharmaciens sont aussi dans le viseur, et déjà vent debout contre un nouvel arrêté gouvernemental qui prévoit de réduire leurs marges sur les médicaments génériques. Actuellement, les remises consenties par les laboratoires aux pharmacies sur ces médicaments peuvent atteindre 40% du prix fabricant hors taxes, car l'objectif est d'encourager la distribution de médicaments génériques, moins chers. Pourtant, la Sécurité sociale rembourse au plein tarif. Cela représente pour elle un coût d'environ 1 milliard d'euros par an. Le nouvel arrêté plafonne donc les remises à 30% à compter du 1er septembre, et prévoit des baisses paliers jusqu'à 20% en 2027.

Pour manifester leur mécontentement face à ce coup de rabot, les officines françaises pourraient baisser le rideau en masse le 16 août prochain. L'appel à la grève, lancé par l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO), marque un véritable point de rupture: les professionnels refusent cette réforme, considérée comme un péril pour l'avenir du secteur. "Cette fermeture prochaine vise à illustrer auprès du grand public et des décideurs politiques l'impact que représenterait la disparition des officines de proximité", explique l'USPO dans son communiqué.

D'autres professionnels de santé pourraient les rejoindre car les intentions de la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et de la Famille Catherine Vautrin pour réaliser près de 5 milliards d'économies sur le budget 2026 sont multiples et visent également les tarifs des taxis, des radiologues, mais aussi des actes de radiothérapie et de dialyses, d'après les Échos.

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