Notretemps.com Notretemps.com Notretemps.com

Comment améliorer la prise en charge des AVC?

À l’occasion de la Journée mondiale de l’AVC, la Cour des comptes lance un signal d’alerte: malgré les progrès médicaux, la prise en charge des victimes reste insuffisante. Dans son dernier rapport, elle insiste sur l’urgence de repenser tout le parcours de soins, de la prévention au suivi post-hospitalisation.

Vous aimez cet article?

La Cour des comptes tire la sonnette d'alarme. Chaque année, près de 120 000 Français sont victimes d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Et les chiffres ont de quoi inquiéter, puisque d'ici à 2035 la Cour des comptes prévoit une augmentation de 35% des AVC. Problème: dans son dernier rapport sur le sujet, la Cour des comptes alerte sur les défaillances persistantes du système de santé.

En effet, malgré la création des unités neuro-vasculaires (UNV), censées garantir une prise en charge rapide et spécialisée, seul 50% des patients victimes d'un AVC y sont admis. L'objectif fixé à 90 % est encore loin. En cause? Des inégalités territoriales, un manque de médecins spécialisés et des structures saturées. Dans certaines régions, il faut plus d'une heure pour rejoindre un centre adapté, un délai souvent bien trop long quand on sait qu'un AVC doit être pris en charge et traité en maximum 4h comprenant le diagnostic, transport, imagerie, soins...

La Cour des comptes appelle donc à une refonte globale du parcours de soins: mieux prévenir, prendre en charge plus vite, et assurer une continuité de soins après l'hospitalisation.

Lire aussi > AVC: comment réagir et quelles sont les erreurs à bannir?

Comment faire pour éviter de faire un AVC?

Avant tout, la Cour des comptes insiste sur le fait que la prévention reste la meilleure arme contre l'AVC. Toutefois, le rapport pointe du doigt un coupable: l'hypertension artérielle, encore trop mal dépistée. Une campagne nationale sur la tension et les facteurs de risque cardiovasculaires est jugée indispensable.

Voici quelques réflexes santé à adopter pour limiter les risques d'AVC:

  • Contrôler sa tension régulièrement, même sans symptômes
  • Arrêter de fumer et limiter l'alcool, deux facteurs qui fragilisent les artères
  • Bouger tous les jours: 30 minutes de marche suffisent à protéger le cœur
  • Surveiller son alimentation: moins de sel, plus de fruits, légumes et fibres
  • Soigner son sommeil: l'apnée du sommeil double le risque d'AVC

Lire aussi > AVC: bien l'identifier pour mieux le traiter

Quels sont les gestes à faire en cas d'AVC?

Mais au-delà de la prévention, "c'est la réaction immédiate qui sauve des vies", affirme la Cour des comptes. Les signes d'alerte doivent être connus de tous:

  • Paralysie soudaine d'un côté du corps
  • Difficultés à parler
  • Vision trouble ou perte d'équilibre

En cas de doute, la Cour des comptes recommande d'appeler le 15 immédiatement. Un réflexe encore trop rare chez les Français, puisque 32% d'entre eux contactent les pompiers à la place. Or, pour une meilleure coordination et un transport plus efficace lors d'un AVC, le Samu est nettement plus approprié puisque chaque minute compte: une prise en charge rapide dans une UNV divise par deux les risques de séquelles graves. 

La France compte aujourd'hui 140 unités neuro-vasculaires, mais leur répartition est inégale sur le territoire. Néanmoins, certaines régions rurales restent mal couvertes, ce qui freine la prise en charge d'urgence. Le développement du télé-AVC (consultation à distance d'un neurologue), qui existe, mais reste trop limité, pourrait combler ces zones blanches.

Lire aussi > AVC: les 10 chiffres à connaître pour s'en protéger

Que faire après un AVC?

Et après l'accident? La bataille n'est pas finie. Rééducation, suivi médical et soutien psychologique sont essentiels. Pourtant, en 2022, près de 7 000 victimes d'AVC n'ont consulté aucun médecin après leur sortie d'hôpital. "Une rupture de suivi qui met en péril la rééducation et multiplie les risques de récidive", explique la Cour des Comptes.

Garantir un accès à un médecin traitant pour chaque patient est une priorité nationale. Mais également un challenge à l'heure où les généralistes restent surchargés. En effet, on assiste à un parcours de soins post AVC morcelé. Les soins de suite et de réadaptation (SMR) sont sous pression et la continuité du suivi médical est trop souvent rompue. Les durées de séjour s'allongent, empêchant à de nouveaux patients d'être admis en SMR. Au point que certains sont pris en charge dans des Ehpad... Alors qu'ils pourraient retrouver leur autonomie grâce aux soins de suite et de réadaptation.... et que les Ehpad ne disposent souvent pas de personnel formé pour les accompagner correctement. "Le suivi post AVC est crucial et ne doit plus être négligé", insiste la Cour des comptes.

Lire aussi > Voici les 7 mesures pour réduire votre risque d'AVC de 90%

Que recommande la Cour des comptes pour améliorer la prise en charge de l'AVC?

La Cour des comptes recommande donc:

  • La création d'un plan de gestion des métiers neuro-vasculaires afin d'encourager les jeunes médecins à choisir cette spécialité délaissée aujourd'hui
  • Le renforcement du télé-AVC dans tout le territoire
  • Et le déploiement du programme Prado, visant à organiser le retour à domicile, et la garantie d'un médecin traitant pour chaque patient


Prolongez votre lecture sur le sujet :

Commentaires (0)