Investissement dans une forêt: quels avantages
Cet article est paru dans le magazine Notre Temps , N°672
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17 millions d'hectares dont les trois quarts appartiennent à 3,5 millions de particuliers
Les forêts couvrent un tiers du territoire français. Soit plus de 17 millions d'hectares en métropole, dont les trois quarts appartiennent à 3,5 millions de particuliers. Acquérir une parcelle est donc possible. Les motivations sont variées: posséder son coin de nature, profiter d'un placement ouvrant droit à des avantages fiscaux, éviter l'effet yo-yo des investissements financiers et les à-coups des placements immobiliers, ou lutter contre le réchauffement climatique. Mais les transactions demeurent rares: chaque année, seulement 1% de la surface forestière privée change de propriétaires. Cette rareté de l'offre entretient la hausse des prix, malgré un contexte économique incertain et les aléas environnementaux (canicules, tempêtes…).
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Le prix moyen d'un mètre cube du bois sur pied
90€: c'est le prix moyen d'un mètre cube du bois sur pied (l'arbre est vendu avant d'être abattu) en 2024, toutes essences confondues. Pas si loin du record de 2022 de 94 €/m3. Pour la plupart des essences, les prix sont stables. Seuls ceux du pin Douglas, du peuplier, du pin maritime et du châtaignier sont en hausse.
Un placement qui prend de la valeur
Le prix moyen d'un hectare de forêt a atteint 4 850€ en 2024, connaissant ainsi une hausse de 2,2% en un an, selon les Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer). Certes, le rendement annuel issu de la vente de la coupe du bois et des loyers de chasse reste modeste (entre 1 et 2% net). Mais la valeur des forêts, elle, ne cesse d'augmenter. Leur prix moyen a doublé en vingt ans. "Il s'agit d'un actif tangible qui, bien choisi, géré et entretenu, se bonifie avec le temps et présente peu de risques de perte. Il est toutefois conseillé de ne pas y consacrer plus de 5 à 15% de son épargne", explique volontiers Frédéric Moutier, directeur des investissements forestiers et fonciers à la Société forestière de la Caisse des dépôts.
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Quels droits de succession sur la valeur d'une forêt?
Lors d'une donation ou d'une succession, un abattement de 75% appliqué sur la valeur des forêts (ou les parts de groupements forestiers) réduit les droits de succession sur cette partie du patrimoine transmis. Condition: la personne qui reçoit ce bien s'engage à fournir un bilan de gestion durable tous les dix ans.
Forêt de bois, forêt de papier
L'achat direct d'une parcelle est la première solution, hélas coûteuse. "Sa valeur dépend de la qualité du sol, de l'exposition du terrain, de son accessibilité et des essences d'arbres présentes. Mais, en raison du changement climatique, les forêts sont en pleine mutation. Avant toute acquisition, il est indispensable de se faire accompagner et conseiller par un spécialiste du secteur, tel qu'un expert ou un gestionnaire forestier", préconise Sébastien Chaton, président des Experts forestiers de France. Le chêne et le pin Douglas sont les essences les plus recherchées. Pour un investissement rentable, il convient d'en acheter au moins 25 hectares, ce qui nécessite un budget de l'ordre de 250 000€.
Investir dans un groupement forestier
Investir dans un groupement forestier est beaucoup plus accessible. Mais, au lieu de contempler votre futaie, vous recevrez un papier. Les groupements forestiers d'investissement (GFI), agréés par l'Autorité des marchés financiers, fonctionnent comme des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Ces entités gèrent des parcelles forestières de diverses régions. Comme d'autres particuliers, vous achetez des parts de GFI, proposées souvent à partir de 1 000€.
Autre option: les groupements fonciers forestiers (GFF), mais il faut compter au minimum 10 000€ pour le ticket d'entrée. Dans les deux cas, votre investissement se répartit sur plusieurs forêts, ce qui limite les risques de tempêtes ou de feux. Le groupement forestier est seul propriétaire du foncier. De votre côté, chaque année, vous percevez des dividendes issus de l'exploitation du bois ou de la chasse. Et vous revendrez un jour vos parts pour réaliser une plus-value.
Quelle est l'imposition sur la plus-value en cas de revente? Et côté défiscalisation?
La plus-value réalisée sur la vente d'une forêt est imposée comme celle d'un bien immobilier. Un abattement croissant est appliqué selon la durée de détention, jusqu'à une exonération totale après vingt-deux ans pour l'impôt sur le revenu et trente ans pour les prélèvements sociaux.
Patience, ça pousse
"Les coupes de bois interviennent en moyenne tous les cinq à vingt ans, selon les essences et la maturité des arbres. Mieux vaut donc investir pour un minimum de dix ans", recommande Sébastien Chaton. Les revenus tirés de la vente de bois sont taxés selon le régime avantageux du forfait forestier. Quant aux sommes issues de la location des droits de chasse, elles sont déclarées comme revenus fonciers et soumises aux prélèvements sociaux à hauteur de 17,2%.
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Une fiscalité avantageuse
Jusqu'au 31 décembre 2027, grâce au dispositif "Défi forêt", l'acquéreur d'une parcelle boisée bénéficie d'un crédit d'impôt de 25% calculé sur le prix payé. Attention, la dépense est retenue dans la limite de 6 250€ pour une personne seule (12 500€ pour un couple soumis à imposition commune). Conditions requises: acquérir au moins 4 hectares ; s'engager à les conserver pendant quinze ans; appliquer les pratiques défi nies dans un "document de gestion durable" validé par le Centre régional de la propriété forestière. Ce crédit d'impôt de 25% s'applique aussi à l'achat de parts de groupements forestiers, à condition de les garder huit ans. Un crédit d'impôt de 25% s'applique aussi aux dépenses de travaux d'entretien ou de reboisement, d'une parcelle conservée au moins huit ans et gérée de manière durable.
Enfin, les cotisations versées pour assurer vos bois et forêts contre les risques tempête ou incendie procurent un crédit d'impôt de 76% des sommes versées, dans la double limite de 15€ par hectare assuré et d'un plafond annuel fixé à 6 250€ (pour une personne seule) ou 12 500€ (pour un couple imposé en commun).
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