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Ken Follett: "Ce que nous désirons n'a pas changé au cours des siècles"

Avec "Les Piliers de la Terre", Ken Follett avait enchanté des millions de lecteurs par son récit de bâtisseurs médiévaux. Il revient aujourd’hui avec "Le Cercle des jours", une fresque tout aussi ambitieuse: la construction de Stonehenge, cercle de pierres mythique en Angleterre.

Cet article est paru dans le magazine Notre Temps , N°672

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Qu’est-ce qui vous fascine dans ces grands monuments religieux, au coeur de votre oeuvre ?

Ken Follett: Je ne cesse de me demander comment des gens ont pu les construire et pourquoi. Ils n'étaient que des gens ordinaires mais ils ont créé quelque chose d'éternel. Les ouvriers du Moyen Âge avaient peu d'outils comparés à nous et des ressources limitées. Pourtant, ils ont donné naissance à des monuments d'une beauté incroyable.

Vous souvenez-vous de votre premier coup de foudre pour l’un de ces bâtiments, et pour Stonehenge en particulier?

Ken Follett: La première cathédrale que j'ai visitée à l'âge adulte a été celle de Peterborough, dans l'est de l'Angleterre. J'avais 22 ans, j'ai été impressionné. La façade ouest est dotée de trois énormes arches qui ressemblent à des portes pour géants. En me tenant dans l'une d'elles, j'ai pensé à quel point ce bâtiment était merveilleux. C'était le début de mon histoire d'amour avec les cathédrales du Moyen Âge. Quant à Stonehenge, le site m'a toujours été familier, mais je l'ai brusquement envisagé différemment en lisant le livre de Mike Pitts, How to build Stonehenge (Comment construire Stonehenge, NDLR). J'ai commencé à penser à l'histoire derrière le monument et j'ai su que je tenais un roman.

Êtes-vous croyant?

Ken Follett: Je suis athée, mais mes deux parents étaient très religieux et j'ai été élevé dans des règles religieuses strictes.

Vous avez participé à la rénovation de Notre-Dame de Paris. Qu’avez-vous ressenti lors son inauguration, il y a un an?

Ken Follett: J'ai été très honoré d'y assister. L'incendie avait été si dévastateur, c'était merveilleux de pouvoir entrer de nouveau dans la nef.

Vous contribuez aussi à la rénovation de la cathédrale de Dol-de-Bretagne. Est-ce parce que la Bretagne est empreinte de culture celte, comme votre pays de Galles natal?

Ken Follett: Oui et non. L'argent était celui qui provenait de la vente de mon livre sur Notre-Dame et qui était destiné à la cathédrale de Paris. Toutefois, les dons avaient été si importants qu'il restait beaucoup d'argent. J'ai poursuivi ma collaboration avec la Fondation du patrimoine et j'ai choisi Dol-de-Bretagne en raison de son lien à saint Simon qui était, comme moi, gallois.

Dans "Le Cercle des jours", vos personnages féminins sont beaucoup plus positifs que vos personnages masculins. Vous êtes un écrivain féministe?

Ken Follett: Je ne sais pas si je me définirais ainsi, mais créer des personnages féminins réalistes a toujours été très important pour moi. En vérité, être capable d'écrire depuis des points de vue différents est un des aspects du métier d'écrivain. Pour construire des personnages féminins dignes de ce nom, l'essentiel est d'écouter. Or, nous, les hommes, avons tendance à ne faire que parler lorsque nous sommes avec des femmes. Nous voulons montrer à quel point nous sommes intelligents, puissants, riches, etc. Pour connaître la pensée des femmes, il faut se taire et écouter.

Vous qui avez écrit sur toutes les époques, comment percevez-vous les permanences ou changements dans la nature humaine?

Ken Follett: Par de nombreux aspects, ce que nous, humains, désirons – être aimés, avoir une famille, nous sentir en sécurité – n'a pas vraiment changé au cours des siècles. Bien entendu, cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas de leçons à retirer de l'histoire. Au contraire.

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