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Voyage éblouissant au fil du Mékong, la "Mère des Eaux"

On l'appelle Lancang Jiang en Chine, Mae Nam Khong en Thaïlande ou encore Mékôngk au Cambodge. Le Mékong… Long de 4300 km, ce fleuve sillonne l'Asie du Sud-Est, prenant sa source sur les hauts plateaux tibétains et traversant pas moins de six pays. Parmi les terres qu'il nourrit, le Cambodge et le Vietnam, deux destinations que ses flots permettent de découvrir dans ce qu'ils ont de plus authentique, de plus profond, de plus originel.
Le fleuve Mekong
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Déroulant son ruban brun riche en alluvions, le Mékong se fait le coeur battant des terres qu'il traverse et le compagnon fidèle des populations qui vivent sur ses rives. Entre plaines inondables et forêts tropicales, un tableau se dessine, rythmé par un débit qui fait de lui, le dixième fleuve du monde. Le découvrir, c'est partir à la rencontre d'une culture, vivre une aventure qui puise son encre dans les pages de Marguerite Duras.

Point de départ, Siam Reap au Cambodge. Dynamique, la ville est la porte d'entrée de l'un des sites les plus célèbres au monde, Angkor. Siège de l'Empire Khmer du IX au XVème siècle, ce lieu garde dans le secret de sa jungle, des monuments où croyance hindouiste et pensée bouddhiste façonnent chaque pierre. Entre temples, palais et bassins, on découvre Angkor Wat, dont les cinq tours sont devenues l'emblème du drapeau cambodgien ou encore d'Angkor Thom, la cité royale de Jayavarman VII qui dévoile le temple-montagne du Bayon. Là, 172 visages de Bouddha ont été sculptés pour l'éternité.

Des paysages contrastés au fil de l'eau

En piquant vers le Sud et laissant derrière soi le lac Tonlé Sap, la ligne caramel du Mékong se profile. Les escales s'enchainent. Koh Chen et ses ateliers de cuivre argenté, Kampong Chhnang et ses poteries archaïques… Au fil du fleuve, la vie s'organise. Quand les pêcheurs partent dans la lumière dorée du matin, les femmes elles, s'activent autour de leurs maisons en tôle campées sur pilotis. Le sourire des enfants accompagnent les flots jusqu'à Phnom Penh. Fondée en 1434, la capitale du Cambodge a gardé un charme hérité de la période coloniale française. On s'y balade en tuk tuk au milieu d'un ballet de cyclomoteurs pour admirer le Palais royal, la Pagode d'Argent mais aussi l'Ecole Tuol Svay Prey S21, centre de détention et de torture pendant la guerre civile.

Imperturbable, le Mékong lui, poursuit sa route. Direction le Vietnam. Parmi les escales, Chau Doc et son gigantesque quadrillage de rizières où les fermes flottantes envahissent les eaux. Son marché haut en couleurs vibre d'une activité bouillonnante.

Avec nonchalance, le Mékong devient ensuite delta et se fractionne en neuf bras, les "Neuf Dragons". Dans ce paysage mi-liquide mi-solide, se dévoilent vergers et demeures coloniales. A Vinh Long, le temps s'arrête sur les bords d'étroits canaux. Un peu plus loin, les quais de Sa Dec débordent de cages à poules et de bicyclettes sur lesquels veillent des femmes coiffées d'un chapeau conique pendant que des écoliers en uniforme, s'en vont apprendre leurs leçons. La mangrove est tout près, des palmiers d'eau peignent des tâches vertes le long du canal de Chao Gao. En ligne de mire, Hô Chi Minh-Ville, l'ancienne "Saïgon" se découvre dans une chaleur moite et un imbroglio de fils électriques. Si la ville a gardé des souvenirs de l'influence française, elle a aujourd'hui pris le virage de la modernité et élève ses tours de verre et d'acier, dessinant un nouveau destin à ce pays dont on ferait bien son "amant" comme dans le roman de Marguerite Duras qui passa toute sa jeunesse ici.

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