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Votre tension est trop basse? Voici les pistes à explorer

Si l’hypotension n’est pas une pathologie dangereuse en elle-même, il ne faut pas pour autant la prendre à la légère. Car, dans certains cas, ses conséquences peuvent être délétères, particulièrement pour les personnes âgées. Qu'il s'agisse d'hypotension orthostatique ou postprandiale, voici comment la soigner.

Cet article est paru dans le magazine Notre Temps Santé & Bien-Être

Les symptômes possibles de l’hypotension

- Vertiges, sueurs froides, confusion, syncope

- Pâleur, bouffées de chaleur

- Fatigue inhabituelle, difficultés de concentration

- Vision trouble

- Palpitations cardiaques

- Nausées

- Essoufflement

La tension basse, une affaire de constitution

Chez certains, la tension artérielle mesurée en position assise tourne toujours autour de 100 mmHg. "Il existe sans doute des facteurs génétiques à cette tension basse. Elle concerne souvent des femmes jeunes, de petite corpulence", précise le Pr Olivier Hanon, cardiologue et gériatre. En soi, elle ne pose pas de problème majeur, n'entraîne pas de symptômes. "Aucune étude n'est venue montrer un surrisque de mortalité dans ce type d'hypotension. A priori, c'est plutôt le contraire: moins la tension est élevée, moins on risque de souffrir d'un événement cardiovasculaire", poursuit-il.

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Le bon conseil

 L'hypotension demande de rester à l'écoute de son corps et de tout stopper en cas d'étourdissement pour s'asseoir sur une chaise ou même directement sur le sol. Une fois assis, respirer et attendre que tous les symptômes disparaissent.

Hypotension orthostatique: à surveiller de près

C'est quoi?

L'hypotension orthostatique, aussi appelée posturale, se manifeste lorsqu'une personne passe de la position assise ou couchée à la position debout. " Si la pression systolique chute alors brutalement d'au moins 20 mmHg (ou la pression diastolique de 10 mmHg), il s'agit d'un phénomène anormal. La pression sanguine étant trop basse dans les artères, le sang peine à remonter dans le haut du corps et le cerveau n'est plus assez irrigué. Cela entraîne certains symptômes – étourdissement, vertiges, confusion, voire perte de connaissance – qui peuvent survenir de quelques secondes à quelques minutes après le changement de position", explique le Pr Hanon. Pour diagnostiquer une hypotension orthostatique, deux mesures de la tension sont nécessaires: la première, une minute après que la personne s'est mise debout, et la seconde trois minutes après. "La tension remonte à son niveau antérieur et les symptômes disparaissent dès lors que la personne s'assied.

C'est grave?

Plus que l'hypotension posturale en elle-même, ce sont ses conséquences qui peuvent s'avérer ennuyeuses. "Au moment du malaise, la personne peut chuter et se blesser. Chez les patients âgés, cette pathologie est souvent à l'origine de fractures, qui risquent d'entraîner des complications, comme l'accélération de la perte d'autonomie", constate le médecin. Certaines études montrent que cette hypotension s'accompagne d'une hausse de la mortalité de 36%. "Et ce, à bien plus court terme que dans le cadre des risques liés à l'hypertension."

D'où ça vient?

L'une des causes réside dans les traitements médicamenteux. "Cela peut en effet venir d'antihypertenseurs qui vont trop faire baisser la tension en position debout de patients hypertendus, ou encore de certains antidépresseurs", avance le Pr Hanon. Le fait de ne pas boire assez peut aussi aggraver une hypotension orthostatique. "C'est la baisse du volume sanguin, entraînée par la déshydratation, qui est alors en cause", note-t-il. L'insuffisance veineuse, engendrant un mauvais retour veineux vers le haut du corps, peut également potentialiser le phénomène. Enfin, certaines maladies – neurologiques (Parkinson, maladie à corps de Lewy), diabète, insuffisance rénale – provoquent des hypotensions orthostatiques "neurogènes". "Ces maladies, de même que le vieillissement, perturbent le fonctionnement du mécanisme adaptatif qui permet à la tension de remonter instantanément lorsqu'elle baisse trop", indique notre expert.

Comment ça se soigne?

Quand un patient hypertendu souffre d'hypotension orthostatique, il est important de revoir son traitement. "Il s'agira de trouver les bonnes molécules, au bon dosage, qui stabiliseront la tension. Atteindre cet équilibre entre bénéfices et risques peut prendre un peu de temps", prévient le Pr Hanon.

Quelques changements du mode de vie peuvent aussi être efficaces: boire 1,5 à 2 litres d'eau par jour et porter des bas de contention qui, en comprimant les membres inférieurs, favorisent le retour veineux vers le cerveau. "Pour les hypotensions orthostatiques résistant à ces mesures, notamment dans le cadre de maladies neurologiques, il existe des traitements médicamenteux (midodrine ou fludrocortisone, par exemple)." Des "astuces" au quotidien. Pour éviter le malaise, il est bon d'avoir le réflexe de se lever lentement et de prévoir des points d'appui accessibles. Juste après le réveil, on peut aussi pratiquer un petit exercice – dit contraction isométrique – qui fait monter la tension: agripper ses deux mains devant soi, au niveau du sternum, et chercher à les écarter en résistant fortement.

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Hypotension postprandiale: les repas copieux en cause

C'est quoi?

Perdre connaissance après un repas et tomber la tête la première dans son assiette, voilà qui est impressionnant… et potentiellement lié à une hypotension postprandiale. "Dans ce cas, la chute brutale de la pression n'intervient pas après s'être levé mais immédiatement ou dans les deux heures qui suivent un repas, en général riche en glucides. La digestion entraîne une dilatation des veines du système digestif, en principe contrecarrée par un mécanisme adaptatif destiné à empêcher que la tension artérielle ne chute trop. Mais avec l'avancée en âge et dans le cadre de certaines maladies (les mêmes qu'évoquées pour l'hypotension orthostatique), ce mécanisme dysfonctionne et une baisse de tension après le repas peut être observée", décrit le médecin.

Comment ça se soigne?

Si l'on souffre de ce type de malaise, il vaut mieux éviter les repas copieux et fractionner son alimentation. "Il ne faut pas manger très sucré ni boire d'alcool, car ce sont deux facteurs favorisants", souligne le Pr Hanon. Une petite sieste après le repas peut aussi prévenir ce désagrément.

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