Vacances en famille: 5 règles d’or pour limiter les écrans sans drame
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Vos petits-enfants débarquent cet été pour quelques jours et à la joie de les recevoir succède rapidement l'inquiétude de les voir s'enfermer dans un écran? Les smartphones, tablettes et ordinateurs ont colonisé nos vies et nos relations en font parfois les frais. Votre petite fille de 5 ans se roule par terre si elle n'a pas son dessin animé chaque jour? Votre ado préféré passe ses journées loin du jardin à tuer des ennemis virtuels? Si la gestion des écrans est plutôt un défi de chaque jour pour les parents, lors de vacances familiales, c'est parfois aux grands-parents d'aider leurs petits-enfants à sortir la tête des jeux, séries ou vidéos compulsivement avalés. On sait aujourd'hui combien la consommation d'écran a des effets néfastes sur leur corps, leur mental, leur vision, leur sommeil. D'ailleurs, les écrans viennent d'être interdits pour les enfants de moins de 3 ans.
"Avant 6 ans, un enfant n'apprend rien sur un écran, ce n'est que du temps volé sur le reste", introduit Sylvie Dieu Osika, pédiatre et membre du collectif Surexposition écrans. Mais comment faire pour assumer certaines limites sans déclencher une guerre familiale et gâcher ce précieux temps partagé? Voici quelques conseils de l'auteure de L'Enfant écran comment échapper à la pandémie numérique.
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Evaluer ma consommation pour jouer l'exemplarité
Avant d'imposer des limites, pourquoi ne pas interroger vos usages? Les vacances en famille sont une occasion en or pour se demander: est-ce que j'ai la télé allumée toute la journée? Combien de temps je regarde mon smartphone chaque jour? "Le grand parent est un exemple, comme le parent, assure Sylvie Dieu Osika, auteure également de 10 clés pour les utiliser en famille de manière raisonnée.
La pédiatre partage son inquiétude face à des grands-parents qui ont (aussi) du mal à modérer leur consommation d'écrans… et sous-estiment l'addiction de certains enfants. "Ce que les enfants regardent actuellement n'est pas du tout que ce que regardaient leurs enfants il y a 20 ans! Certains me disent en consultation: ma fille regardait "Zorro" le mercredi et elle va très bien! C'est oublier le potentiel addictif, le 24h sur 24 d'Internet, les algorithmes des réseaux sociaux qui fonctionnent sur une économie de l'attention."
Définir des règles… et s'y tenir
Évidemment, c'est à chacun de trouver le bon compromis en fonction de l'âge et des habitudes de l'enfant. "Ce n'est pas parce qu'on est grand-parent qu'on ne doit pas donner de limites, reprend la médecin. Il est conseillé de s'accorder avec les parents, comme pour tout. Mais vous pouvez leur proposer de modifier des usages. Et les parents ont intérêt à prévenir en amont l'enfant ou l'ado pour cautionner ce choix." Une fois qu'on a trouvé un équilibre, il faut le maintenir!
La médecin recommande si vous recevez des adolescents au portable greffé à la main de "mettre en place d'emblée une charte pour que les vacances se passent au mieux: entre telle heure et telle heure tu peux regarder les écrans et après on fait autre chose, poursuit-elle. Ces temps numériques doivent se dérouler uniquement l'après-midi. Sinon à 11h, à 15h, à 17h, il risque de redemander. Et pas tous les jours, sinon ça devient un dû." Pourquoi ne pas mettre un minuteur, car le temps sur l'écran s'écoule plus vite que le temps réel...
Respecter les "4 pas"
Justement, pour définir un cadre adapté à la bonne santé du petit-enfant, mieux vaut connaître la règle des "4 pas".
- Pas le matin
- Pas à table
"Souvent, les grands-parents voient rarement leurs petits-enfants, le repas c'est le moment parfait pour se parler, pour raconter son passé, les enfants adorent ça!", assure Sylvie Dieu Osika.
- Pas le soir
De plus en plus d'enfants s'endorment avec écran et casque, bercés par de la musique, un podcast ou des réseaux sociaux… Mais la lumière bleue abîme leur sommeil, le son leur capital auditif. Et si on reprenait la bonne routine du câlin-lecture? "Il faut être ferme, les enfants ont besoin de." Un bras de fer qui peut être éprouvant… mais fertile. "Au bout du compte, ce n'est que du bénéfice. En revanche, cela demande une disponibilité de l'adulte… impossible s'il est obnubilé par candy crush!
- Pas dans la chambre
Car vous ne pouvez contrôler ni la durée, ni le contenu de ce qu'il regarde.
Proposer des activités ludiques et en plein air
Pour détourner vos petits-enfants des écrans, rien de mieux que de leur proposer des activités. L'été, c'est clairement plus facile qu'à Noël de profiter de l'extérieur et s'occuper du potager, construire une cabane, faire un cache-cache dans le jardin ou s'arroser avec un tuyau… Un peu d'exercice physique pour eux… et pour vous! "Un enfant s'il s'ennuie trop, il va passer par-dessus l'interdit, reconnaît la pédiatre. Mais contrairement à ce que certains imaginent, les enfants peuvent aimer bricoler, jardiner, faire des courses, tester de nouvelles recettes… Tout peut les intéresser pourvu qu'on les associe." Pas besoin non plus de préparer un programme surchargé ou de se stresser à imaginer des loisirs compliqués.
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Miser sur les temps partagés d'écrans
Toutes les consommations d'écran ne se valent pas. Regarder un film tous ensemble tous les soirs, c'est même tout à fait recommandé! Une occasion de leur faire partager vos fictions préférées, rigoler ensemble devant les Marx Brother ou Louis de Funès, transmettre un peu de votre culture. Mais aussi de vous intéresser à leurs passions: pourquoi ne pas tester un jeu vidéo avec votre ado?
* L'Enfant écran comment échapper à la pandémie numérique, édition Grasset, janvier 2025, 17,50€.
Pour aller plus loin: le site du collectif surexposition écrans
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