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Seniors et écologie: un engagement discret mais décisif

Oui, les plus de 65 ans se préoccupent du sort de la planète et de l'écologie! Il n'y a pas de fracture générationnelle, mais des manières d'agir différentes, révèle une vaste étude de l'association Parlons Climat, qui plaide pour une meilleure intégration de la génération des baby-boomers dans la réflexion écologique. Les détails de cette enquête révélée en avant-première par Notre Temps.

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Une étude qui tord le cou aux clichés sur les seniors, ces baby-boomers qui ne se préoccuperaient pas du sort de la planète et de l'écologie. L'association Parlons Climat l'a constaté avec une vaste enquête auprès de 4000 Français dont 1045 âgés de 65 à 80 ans, révélée en avant-première par Notre Temps et Le Pèlerin (groupe Bayard). S'ils ont une consommation qui se traduit par une empreinte carbone supérieure à la moyenne, ils pratiquent aussi une écologie "discrète, mais décisive", indique l'étude.

Ainsi, ils sont même plus nombreux que les moins de 35 ans à faire de l'environnement une priorité (29 % contre 24 %). Leur engagement s'inscrit dans des habitudes héritées de leur éducation: consommation locale, réparation, "fait maison", sobriété énergétique. Des gestes simples, mais qui réduisent leur impact au quotidien. Ils se montrent aussi plus enclins à accepter des restrictions collectives si cela permet de protéger l'environnement: 57 % d'entre eux y sont favorables, contre 51 % chez les jeunes adultes.  

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Les plus de 65 ans expriment aussi une attente claire à l'égard du politique: 57 % estiment qu'il faut avant tout des règles collectives pour limiter les comportements nocifs pour l'environnement, même si cela restreint les choix individuels (contre 51 % chez les moins de 35 ans). Une préférence marquée pour un cadre clair et régulateur, plutôt que des injonctions individuelles. 

L'étude souligne ainsi la nécessité d'intégrer dans la réflexion écologique "ces acteurs essentiels, qui incarnent une philosophie de vie faite de modération et de solidarité (…) ce que les plus jeunes appellent sobriété et justice sociale". Car les plus de 65 ans ont un rôle déterminant dans la transition écologique notamment au regard de leur poids dans la société.

Des seniors au poids décisif

En effet, ils sont une génération qui vote plus que la moyenne, 80 % déclarent voter systématiquement, soit deux fois plus que les 18-34 ans et leur niveau de vie est en moyenne plus élevée, ce qui les rend stratégiques dans l'évolution des modes de consommation, relève l'étude. Enfin, en tant que grands-parents, ils ont un rôle dans la transmission des valeurs et habitudes. Et malgré une baisse de l'engagement associatif depuis 2010, les seniors sont la tranche d'âge la plus active dans le milieu associatif (24%). Mais leur rôle est d'autant plus clé au regard du temps important qu'ils y consacrent (6 sur 10 donnent du temps toutes les semaines, un quart donne un à plusieurs jours par semaine) et des fonctions clés d'encadrement qu'ils occupent (40% des retraités bénévoles).

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Si 37 % des seniors doutent encore de l'origine exclusivement humaine du changement climatique, ils n'en nient pas la gravité. 70 % estiment qu'il aura des conséquences graves sur les générations futures. Sans exprimer de culpabilité, ils ont la volonté de transmettre et de "réparer", convaincus d'avoir "profité sans savoir". Leur inquiétude porte surtout sur leurs enfants et petits-enfants à qui ils veulent léguer un monde vivable, d'où leur volonté de soutenir un effort collectif.

Des écogestes du quotidien

Contrairement à certaines idées reçues, les plus de 65 ans adoptent plus d'écogestes que la moyenne des Français:

  • 96 % trient leurs déchets (contre 56 % chez les 18-34 ans),
  • 70 % éteignent leurs appareils en veille (contre 51 %),
  • 80 % baissent leur chauffage (contre 53 %),
  • 43 % privilégient la marche ou le vélo à la voiture (contre 33 %),
  • 52 % choisissent des produits avec peu d'emballage (contre 39 %).

Ces comportements très largement adoptées sont hérités notamment de leur éducation.

Une consommation sobre

L'engagement écologique des seniors se traduit aussi dans leur consommation:

  • 56 % limitent leur consommation de viande (contre 44 % chez les jeunes),
  • 67 % consomment des fruits et légumes de saison (contre 46 %),
  • 30 % renoncent aux achats en ligne (contre 20 %),
  • 54 % refusent d'acheter des produits venus de pays lointains, même moins chers (contre 33 %).

Un soutien aux politiques climatiques mais un clivage générationnel

Les seniors soutiennent en moyenne 8,8 politiques publiques sur 13, un niveau proche de la moyenne nationale. Mais certaines font l'objet d'un clivage générationnel.

  • Seulement 20 % des plus de 65 ans soutiennent l'interdiction de la voiture thermique (contre 43 % des jeunes)
  • 41 % soutiennent la sortie du gaz (contre 58 % des jeunes)

En revanche, ils sont plus largement favorable à ces propositions: 

  • Le développement du ferroviaire (91 %),
  • Le refus des accords commerciaux avec des pays non respectueux des normes écologiques (90 %),
  • La limitation de la publicité pour les produits nocifs (87 %),
  • La taxation des produits importés hors UE ne respectant pas les normes (85 %).

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