Comment se préparer à la mort de son animal
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"J'ai été très heureuse de partager onze ans de la vie de Mélodie, ma petite cocker adoptée dans un refuge, témoigne Marta, 59 ans. Mais sa disparition m'a bien secouée. J'hésite à prendre un nouveau chien sachant qu'il ne sera pas plus éternel que ma Mélodie."
Des liens puissants
Même si c'est difficile à comprendre pour les autres, la plupart des personnes qui vivent ou ont vécu avec un animal savent à quel point la relation qui s'établit peut être riche et nourrissante. "Avec un chien ou un chat, nous vivons un amour inconditionnel, explique Amandine Samson, autrice du livre Faire face au deuil animalier (éd. Jouvence) et accompagnatrice de ce type de deuil. Même si on n'est pas d'humeur égale ou qu'on ne sent pas toujours bon, il va nous aimer avec une constance très rassurante. Sa présence au quotidien avec l'installation de routines et d'habitudes va laisser aussi un grand vide à son décès."
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Être conscient de l'inéluctable
Dans notre culture, il est rare de parler de la mort, y compris de nos compagnons à quatre pattes. "Mais éviter ce sujet ne l'empêchera pas de survenir, remarque Amandine Samson. Se préparer à la disparition de nos animaux, c'est d'abord en avoir conscience, ne pas oublier qu'elle fait pleinement partie du processus de la vie. Cela permet aussi de vivre chaque jour avec plus d'intensité afin de n'avoir aucun regret une fois qu'il ne sera plus là – regret de l'avoir laissé trop seul à la maison ou d'avoir préféré son canapé à des balades." Avoir en tête que son chat ou son chien va partir avant soi peut favoriser l'acceptation de sa disparition.
Il est important aussi d'avoir à l'esprit que de nombreux animaux sont euthanasiés dans le but de leur épargner des souffrances trop vives de la fin de vie. Une décision terrible qui nous revient. "Elle relève de notre responsabilité et suscite souvent de la culpabilité", note l'autrice de Faire face au deuil animalier. Savoir que cette situation surgira peut-être un jour peut atténuer le choc émotionnel le moment venu.
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Mieux se connaître
Avant cette disparition, Amandine Samson conseille de se poser des questions importantes. La première est de s'interroger sur notre rapport à la mort et aux fins de façon générale, qu'il s'agisse d'une séparation dans une relation amoureuse ou amicale, d'un changement d'emploi, d'un départ à la retraite ou d'un déménagement: "La clé pour se préparer aux transitions est de se connaître, de comprendre sa manière de réagir face à elles."
La deuxième question concerne les raisons de l'adoption de son chat ou de son chien. "Il existe beaucoup d'adoptions-pansements, pour sortir d'un mal-être, d'un sentiment de solitude ou d'insécurité, poursuit Amandine Samson. Ces problèmes vont ressurgir au moment de la mort de l'animal, souvent de manière encore plus vive en raison de la perte d'un amour inconditionnel. Il est donc essentiel de régler le problème de fond avant, tout en sachant que le chagrin sera corrélé au bonheur vécu ensemble."
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