Retraites: ces experts conseillent de freiner la revalorisation des pensions pour réduire le déficit
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Le Comité de suivi des retraites a publié son avis annuel, ce jeudi 10 juillet 2025, soit cinq jours avant la présentation des orientations budgétaires par François Bayrou . Les cinq experts qui le composent préconisent de sous-indexer les pensions sur l'inflation pour réduire les dépenses de l'État, rapporte Le Figaro.
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Le Comité considère ainsi que l'étude du système de retraite ne peut se faire sans tenir compte de l'état global des finances du pays, et que cette proposition vise à "ramener le système à l'équilibre". Contre un retour à l'âge légal de départ à 62 ans, les experts expliquent que les retraités français, en moyenne, vivent mieux que ceux d'autres pays européens et rappellent que "l'épargne des retraités a augmenté depuis 2019".
Retraites: une proposition des partenaires sociaux
Raisons pour lesquelles ils proposent de ne pas augmenter les pensions proportionnellement à l'inflation . "Une sous-indexation cumulée des pensions versées par les régimes de base de l'ordre de 2 % ou un peu supérieure au cours des cinq prochaines années permettrait de ramener le système à l'équilibre en 2030", estime le Comité.
Celui-ci ne tranche pas sur la question, mais évoque des idées en cours d'étude, notamment celle des syndicats et du patronat émise lors du conclave sur les retraites. Les partenaires sociaux avaient ainsi évoqué une sous-indexation des pensions en 2026 de 0,8 point, puis "de 0,4 point par an entre 2027 et 2030".
Retraites: une sous-indexation de 2,4 points d'ici 2030?
Concrètement, si l'inflation est de 3 %, les pensions n'augmenteront que de 2,2 % en 2026, puis de 2,6 % au lieu de 3 % les années suivantes, soit 2,4 % de sous-indexation cumulée. Même si les pensions augmentent moins vite que les prix, l'impact serait atténué par la "forte épargne des retraités", supérieure à celle des actifs. Mais en parallèle, le Comité demande de définir publiquement quel minimum de confort financier on souhaite garantir aux retraités.
Toutefois, même avec cette mesure, cela ne suffirait pas à assurer que le système tienne à long terme, ajoutent les experts. "C'est l'ensemble des instruments de pilotage, y compris le taux de remplacement (le rapport entre la pension perçue et le dernier salaire N.D.L.R), qu'il faut faire évoluer dans l'avenir", précisent-ils.
La sous-indexation des retraites à l'inflation, déjà débattue lors du budget de la Sécurité sociale 2025, avait été rejetée à l'époque malgré un potentiel d'économie de 3 milliards d'euros. Cette idée revient aujourd'hui dans un contexte de tension budgétaire, alors que François Bayrou appelle à un effort collectif. Le chef du gouvernement reste toutefois prudent, assurant qu'aucune catégorie de la population ne sera spécifiquement ciblée.
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