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Retraite des mères de famille: ce qui devrait changer pour vous dès 2026

Le budget de la Sécurité sociale, présenté mardi 14 octobre par le gouvernement, prévoit des changements pour la retraite des mères de famille. Le texte contient deux mesures destinées à améliorer leur niveau de pension et à leur permettre, dans certains cas, de partir plus tôt à la retraite.

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La suspension de la réforme des retraites de 2023 a logiquement été sous le feu des projecteurs ces derniers jours. Lors de son discours de politique générale, le mardi 14 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé l'arrêt, jusqu'à la présidentielle de 2027, du relèvement de l'âge légal de départ et du nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein. Le même jour, le gouvernement a également présenté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Le texte, qui devrait être étudié en commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale à partir du 21 octobre, comprend deux mesures concernant les retraites des femmes. Elles sont issues du conclave des retraites, des discussions menées avant l'été entre les partenaires sociaux.

Premier changement: la prise en compte des trimestres accordés pour la naissance, l'éducation ou l'adoption d'un enfant afin de pouvoir bénéficier d'un départ anticipé pour carrière longue. Pour rappel, les salariées du privé peuvent bénéficier d'un maximum de huit trimestres par enfant. Mais ces trimestres sont dits "non cotisés", donc ils ne rentrent pas dans le calcul pour un départ anticipé qui n'intègre que les trimestres cotisés. Le PLFSS pour 2026 prévoit d'en transformer au maximum deux en trimestres cotisés. "Cela va permettre à des femmes qui étaient exclues de justesse de ce dispositif de l'intégrer", se réjouit Pascale Coton, chargée de ces questions pour la CFTC.

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Plus de femmes intégreront le dispositif carrière longue

Pour bien comprendre ce changement, prenons l'exemple d'une mère de deux enfants, née en 1963 et qui a commencé à travailler avant 20 ans. Elle a cotisé 168 trimestres dans le privé et obtenu 16 trimestres supplémentaires pour ses deux enfants. Au total, elle compte donc 184 trimestres, soit bien plus que les 170 trimestres nécessaires pour bénéficier d'une retraite anticipée pour carrière longue. Mais n'ayant que 168 trimestres cotisés, elle ne peut pas y prétendre. Si deux de ses 16 trimestres pour enfants avaient été considérés comme cotisés, elle aurait pu y avoir droit.

D'après les chiffres du gouvernement, cette mesure, qui doit entrer en vigueur en septembre 2026, permettra à 3% des femmes nées en 1970 de bénéficier d'une anticipation de départ en retraite. "En limitant le nombre de trimestres cotisés à deux, forcément cela réduit l'impact de cette mesure. Si le gouvernement était allé jusqu'à huit trimestres, forcément il y aurait eu un afflux de femmes en carrière longue", analyse Marilyn Vilardebo, présidente du cabinet d'expertise retraite Origami&Co.

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Changement du mode de calcul de la retraite

Autre modification validée pendant le conclave et désormais inscrite dans le PLFSS: le changement du mode de calcul de la retraite de base des mères de famille. Aujourd'hui, la pension est calculée non pas sur l'ensemble des revenus perçus pendant la carrière, mais sur le salaire annuel moyen des 25 meilleures années. Or, pour certaines mères ayant connu des carrières hachées, ce mode de calcul peut être pénalisant.

Pour limiter cet effet, le PLFSS pour 2026 prévoit de prendre en compte les 24 meilleures années de carrière pour les mères d'un enfant, et les 23 meilleures années pour celles ayant eu deux enfants ou plus. "Il faut poser les calculs, cela ne va pas augmenter drastiquement la pension des mères de familles, on parle de quelques euros ou dizaines d'euros en plus par mois", estime Marilyn Vilardebo. Pour les syndicats, c'est une avancée à ne pas négliger. "Pour la première fois dans des réformes, les femmes ont quelque chose en plus. On rattrape un peu toutes ces réformes pour lesquelles elles ont souvent été les grandes perdantes", juge Pascale Coton, de la CFTC. Cette mesure doit entrer en vigueur à partir de 2026, si le texte est adopté par le Parlement en l'état.

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