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Qui sont les 5% de retraités qui devraient gagner du pouvoir d'achat avec le plan Bayrou?

Gel des pensions, du barème des impôts, de la CSG, transformation de l'avantage fiscal… Les retraités sont largement mis à contribution par le plan de François Bayrou. Une note de l'OFCE calcule que la majorité en sortira perdante. Alors qui seront les rares épargnés voire gagnants?

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Près d'une semaine après la présentation du plan "Stop à la dette" de François Bayrou, les études commencent à mesurer les impacts des 43,8 milliards d'économie à réaliser pour le budget 2026. Avec quatre mesures clés: le gel des pensions, le gel du barème sur l'impôt, le gel du barème de la CSG et la transformation de l'avantage fiscal de 10%, les retraités -jusqu'alors épargnés - sont largement mis à contribution.

Une note de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) simulant "les effets budgétaires et redistributifs de ces mesures sur les ménages retraités" révèle que la grande majorité des ménages retraités en sortiront perdants. Voici ce que révèle cette étude.

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Des retraités très largement affectés

Au total, les quatre mesures annoncées devraient abaisser le revenu disponible des ménages comprenant au moins un retraité d'environ 4,9 milliards d'euros en 2026. Soit une baisse équivalente à 0,9% de leur niveau de vie moyen, selon les calculs de Pierre Madec, économiste en chef de l'OFCE, auteur de la note. La simulation, faite à l'aide du modèle Ines qui intègre la législation socio-fiscale de 2023, compare le revenu actuel des ménages retraités à celui où les pensions, l'ASPA et le barème de l'impôt sont réduits de 1,1% (le taux de revalorisation qui aurait dû être appliqué en 2026), et où l'abattement fiscal de 10% est modifié au profit du forfait annuel de 2000 euros.

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Le résultat est net: 90% des ménages retraités devraient voir leur niveau de vie réduit par ces mesures, contre seulement 5% de bénéficiaires, parmi lesquels les couples ne comptant qu'un seul retraité sont quasiment les seuls à y gagner. "En euros, ces pertes seraient croissantes avec le revenu des ménages allant de 100 euros environ pour les retraités seuls appartenant au 10% de retraités les plus modestes à près de 1000 euros pour les couples de retraités appartenant au 10% de retraités les plus aisés", résume cette étude de l'OFCE.

Les couples comptant deux retraités verront leur niveau de vie amputé d'environ 1%, quel que soit leur niveau de vie. Pour les couples ne comptant qu'un seul retraité, l'impact est moindre, autour de -0,4%. Le point sur les impacts des différentes mesures.

Fin de l'abattement fiscal de 10%: les retraités seuls et les couples aisés plus touchés

Si au global, 5% de ménages comptant au moins un retraité ressortirait gagnant de ces mesures, lorsque l'on s'attache à la fin de l'abattement, ceux qui bénéficieront d'un impact positif grimpent à 10%, selon les calculs de Pierre Madec. Ils verraient donc leur imposition baisser en 2026…

Plus spécifiquement, pour la mesure liée au forfait annuel, les gagnants sont pour deux tiers des couples avec un seul retraité et qui appartiennent également pour deux tiers à la moitié la plus aisée des retraités en termes de niveau de vie.

Dans un précédent calcul, l'AFP avait estimé que les retraités célibataires avec une faible pension, qui déclarent moins de 19 920 euros de revenus annuels, pourraient faire une économie de… 4 euros.

Au total, ce sont donc 1,5 million de ménages qui vont voir leur impôt baisser contre 5,2 millions pour qui il va augmenter. Il s'agit pour l'essentiel de retraités seuls ou de couples de retraités appartenant aux 30% de retraités les plus aisés. À noter, cette mesure serait indolore pour 40% des couples retraités puisqu'ils ne sont pas imposables aujourd'hui.

D'après les simulations de l'OFCE, l'abattement forfaitaire va entraîner une baisse d'impôt total "de l'ordre de 300 millions d'euros pour les ménages gagnants contre une hausse de 1,1 milliards d'euros pour les perdants". Ce qui fait un solde positif net de l'ordre de 800 millions d'euros de recettes fiscales pour l'État.

Le gel des pensions de retraites: que des perdants!

Le gel des pensions de retraite, qui ne seraient donc pas indexées sur l'inflation en 2026 (estimé à une perte de 1,1% de revalorisation), est la principale raison de la perte de pouvoir d'achat des retraités. Cette mesure à elle seule représente une perte de revenus de 3,7 milliards d'euros au total pour les ménages comptant au moins un retraité.

Plus les pensions sont élevées, plus le manque à gagner est important puisque la revalorisation est un pourcentage de la pension. Néanmoins, un manque à gagner de 15 euros par mois n'a pas le même impact pour un retraité modeste que 100 euros pour un retraité à la pension bien plus confortable.

À noter: l'année blanche (absence de revalorisation) touche toutes les prestations sociales, mais la désindexation des retraites en représente la plus grande part: 3,7 milliards d'euros donc sur une économie globale calculée à 5 milliards d'euros.

Le gel du barème de l'impôt sur le revenu

Chaque année, les différentes tranches d'imposition sont réévaluées sur l'inflation, pour éviter des hausses d'impôts. Ce gel du barème devrait provoquer une hausse d'impôt d'environ 400 millions d'euros pour la moitié des ménages comptant au moins un retraité, soit 6,7 millions de foyers. Ces 400 millions représentent un tiers du gain global induit pour cette mesure à 1,2 milliard d'euros.

Proportionnellement, des retraités plus affectés que des actifs

Dans une note précédente publiée fin juin et consacrée aux conséquences d'une "année blanche" – qui était dans les tuyaux avant son annonce par François Bayrou le 15 juillet – l'OFCE concluait que "sans surprise, les ménages comptant un ou plusieurs retraités devraient être les plus affectés par une ‘année blanche'. En 2026, les près de 10 millions de ménages dont la personne de référence est retraitée verraient leur revenu disponible réduit de 280 euros par unité de consommation en moyenne (350 euros par ménage) soit environ 1% de leur niveau de vie".

Pour les 15 millions de ménages dont la personne de référence est salariée, le revenu disponible baisserait de l'ordre de 70 euros (0,2%) et pour les 2,4 millions de ménages dont la personne de référence est un indépendant, la baisse serait de 100 euros (0,2%).

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