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Les chroniques de Muriel Gilbert

Muriel Gilbert: Parlons pompier!

Muriel Gilbert s'enflamme ce mois-ci pour un livre sur les pompiers et les termes qui s'y rattachent! De l'origine du mot à l'expression "fumer comme un pompier", la journaliste et chroniqueuse sur RTL nous parle pompier (et c'est tout un art!) dans cette nouvelle chronique.

Cet article est paru dans le magazine Notre Temps , N°668

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Muriel Gilbert explique l'origine du mot pompier dans la langue française

Parlons pompier! Chaque profession a son jargon, plus ou moins obscur. Celui des soldats du feu recèle quelques pépites, que j'ai découvertes dans un petit dico très bien informé, rigolo et sans prétention intitulé Le Jargon du pompier (éd. Carlo Zaglia). C'est l'œuvre d'Alain Bailloux – un pompier, bien entendu.

Commençons par l'origine du mot pompier lui-même: il a d'abord désigné, assez naturellement… des fabricants de pompes! Les soldats du feu étaient alors qualifiés de gardes-pompes, puis ils sont devenus gardes-pompiers, avant de prendre l'appellation, sous Napoléon, de sapeurs-pompiers. Et tenez, vous êtes-vous jamais demandé pourquoi on dit "fumer comme un pompier"? Ces grands sportifs seraient-ils des fumeurs invétérés? L'explication remonte au XIXe siècle, époque où ceux de Paris inauguraient le nec plus ultra technologique, des pompes à vapeur, tirées par des percherons. Pour être prêtes au plus vite lors des appels d'urgence, ces pompes à incendie étaient constamment sous pression, et, lors des départs en intervention, elles laissaient échapper un nuage de vapeur si impressionnant qu'il a engendré cette fumante expression. C'est aussi de cette époque des véhicules hippomobiles que date un autre mot du jargon pompier que vous avez sans doute déjà entendu: le verbe décaler. Quand ils partent en intervention, les soldats du feu disent qu'ils "décalent". Je m'étais toujours demandé pourquoi. Eh bien, les pompes à vapeur que nous venons d'évoquer étant fort lourdes, pour faciliter le départ des chevaux, on les stationnait sur un sol en pente. Quand l'alarme retentissait, on retirait les cales qui bloquaient les roues (on "dé-calait"), ce qui permettait aux percherons de partir avec un peu d'élan. Et le verbe décaler a survécu aux vaillants canassons!

Muriel Gilbert, journaliste et correctrice au Monde, est aussi chroniqueuse sur RTL.

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