Les chroniques de Muriel Gilbert
Muriel Gilbert: "Comment les surnoms de nos aïeux sont devenus nos noms"
Cet article est paru dans le magazine Notre Temps , N°672
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Le surnom pour se distinguer
Le surnom est au sens premier "un mot ajouté au nom propre d'un individu pour le distinguer d'autres qui s'appellent comme lui" (Littré). Le dictionnaire donne les exemples célèbres de Guillaume le Conquérant ou de Charlemagne (le "magne" de Charlemagne venant du latin magnus, "grand"). Mais tout le monde peut recevoir un surnom.
Souvent, il a trait à une particularité physique ou morale, pas toujours très flatteuse. Vous ne saurez pas forcément qu'on vous appelle Grande-Perche, Rase-Bitume ou Boule de Billard! À l'inverse, on vous appellera peut-être Gracieuse si vous êtes peu amène, ou Einstein si l'on vous prend pour une andouille… Le plus étonnant, c'est que les surnoms ont eu une influence majeure sur les noms de famille que nous portons.
Le surnom devient un nom
Avant le Moyen Âge, chaque nouveau-né recevait un simple nom de baptême. Avec le temps, on s'est retrouvé avec tant de porteurs du même prénom qu'il a fallu des surnoms pour les différencier. On s'est ainsi mis à préciser Louis le Grand pour le distinguer de Louis le Petit, Jean le Blond pour ne pas le confondre avec Jean le Brun, Jacques le Doux, Jacques le Beau, ou bien Paul du Puits, qui habitait près du puits, pour le distinguer de Paul Boulanger, qui faisait le pain, et de Paul Charron, qui fabriquait les chars. Finalement ces surnoms se sont transmis de père en fils (et en fille!) et sont devenus nos noms de famille. C'est pourquoi nous sommes si nombreux à nous appeler Legrand, Petit, Dupuis, Dupont ou Boulanger!
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