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Loi "infirmières": des moyens en plus pour lutter contre les déserts médicaux

La proposition de loi infirmière, adoptée à l’unanimité le 11 mars 2025 en première lecture à l’Assemblée Nationale, a franchi une étape clef. Elle soulève débats et questions dans le monde médical.

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La proposition de loi infirmière actuellement en débat vient de franchir une étape clef. Elle a été adoptée à l'unanimité (ce n'est pas si fréquent) le 11 mars 2025 en première lecture à l'Assemblée Nationale. Il s'agit de donner plus d'autonomie et de responsabilités aux infirmières et infirmiers. Objectif: fluidifier l'accès aux soins, dans le contexte de désert médical que nous connaissons tous, et redonner de l'attractivité à une profession en tension dont on a absolument besoin, en ville comme à l'hôpital.

Près d'une infirmière hospitalière sur deux a quitté l'hôpital ou changé de métier après dix ans de carrière, pointait un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) en 2023. Les missions de la profession ont déjà beaucoup évolué ces derniers temps: vaccination, réalisation de certificats de décès, suivi de malades chroniques pour les infirmières en pratique avancée… Et ce n'est qu'un début.

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Ce qui changerait pour vous

Qu'est-ce-qui va changer? Des actions très concrètes, attendues sur le terrain depuis des années par les 640 000 infirmiers et infirmières. Ainsi, le texte prévoit qu'ils puissent prescrire des produits de santé, ainsi que des examens complémentaires. La liste des traitements éligibles en sera clairement définie à l'avance. Demain, cela pourrait être bien plus encore, avec plus de soins "curatifs, palliatifs, relationnels", et une plus forte implication dans la surveillance clinique. Cette question clef pour les malades chroniques, de plus en plus nombreux, pourrait passer par le suivi du parcours de santé des patients, et une participation active à l'éducation thérapeutique.

Autre mesure très controversée du côté des médecins: la mise en place d'une "consultation infirmière" et d'un "diagnostic infirmier", tous deux jusqu'ici réservés aux professions médicales. Reste à avancer sur la question de la formation des infirmiers, et bien sûr de l'évolution de leur rémunération, autre sujet sensible.

Prochaine étape: le passage du projet de la loi au Sénat, en procédure accélérée. Il est vrai qu'il y a urgence. Les besoins en santé sont en croissance, démographie oblige, et les déserts médicaux bien trop nombreux, partout en France.

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