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Législatives 2024: départ à 60, 62 ou 64 ans... que proposent les candidats sur la retraite?

La réforme des retraites, âprement discutée et débattue en 2023, peut-elle être abrogée à l'issue de ces législatives? En tout cas, les deux forces d'opposition le souhaitent et ont d'autres propositions en termes de retraite. Voici les principaux points.

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Dimanche prochain, les Français sont appelés aux urnes pour désigner leur député au premier tour de ces législatives inédites. Une campagne éclair – trois semaines – et trois blocs se dessinent: celui de l'actuelle majorité présidentielle, le RN, arrivé en tête des européennes et le nouveau front populaire, fruit de l'union des partis de gauche. Chaque camp tente de convaincre les électeurs, notamment en présentant son programme. Et s'il y a un thème qui intéresse les électeurs, c'est bien celui des retraites. La dernière réforme, adoptée via l'article 49.3 à l'issue d'un âpre débat parlementaire, est entrée en vigueur le 1er septembre 2023. Alors que proposent les partis? Revue de détail.

Majorité présidentielle

Pour le moment, le Premier ministre Gabriel Attal, qui mène la campagne pour la majorité, n'a pas évoqué de nouvelle réforme des retraites. Et pour cause, la précédente vient d'entrer en vigueur: elle fixe progressivement l'âge légal de départ à 64 ans, au lieu de 62 ans précédemment. Elle accélère aussi le calendrier de la réforme Touraine, qui relève progressivement la durée d'assurance (nombre de trimestres) pour toucher sa retraite à taux plein. Ainsi, dès 2027, il faudra avoir cotisé 43 ans, soit 172 trimestres. Cette réforme était censée permettre au régime de retraite de rester à l'équilibre à l'horizon 2030, même si les dernières prévisions du Cor, bien plus pessimistes, ont semé le trouble. 

Le RN

Jordan Bardella a présenté ce lundi le programme du RN. Il en a profité pour préciser sa pensée sur la thématique des retraites, après avoir varié sur le sujet ces derniers jours. Oui, la retraite à 60 ans sera de nouveau possible "dès l'automne" mais seulement pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans et qui ont 40 annuités (160 trimestres). Son souhait est de "privilégier les carrières longues". "La France qui se lève tôt a droit à une retraite en bonne santé", a expliqué Jordan Bardella. Une mesure chiffrée à 1,6 milliard d'euros par an, qu'il compte financer en supprimant l'aide médicale d'Etat (AME)

Pour les autres, "l'objectif est un retour à un départ à 62 ans avec 42 annuités", a-t-il expliqué, ajoutant qu'un "calendrier progressif" sera mis sur pied, sans plus de détail. Il sera dépendant des résultats du grand audit financier que le RN souhaite lancer s'il arrive au pouvoir. Jordan Bardella a ensuite affirmé que la réforme des retraites "sera donc en principe abrogée".

Le Nouveau front populaire

Les différents partis de gauche membres de cette alliance n'avaient pas tous le même programme sur la question des retraites. Ils ont réussi à tomber d'accord assez rapidement sur une ligne plutôt simple: l'abrogation de la réforme de 2023. "Dès son arrivée au pouvoir, le Nouveau Front populaire abrogera les décrets mettant en application la réforme des retraites", assure le document de législature du Nouveau front populaire. Ainsi, ce sera le retour à l'âge légal de 62 ans. Voilà pour l'essentiel, car la question du nombre d'annuités n'a pas été précisée. Le Nouveau front populaire poursuit "l'objectif commun du droit à la retraite à 60 ans", peut-on lire dans leur programme. 

Le député LFI sortant Éric Coquerel a annoncé que l'alliance de la gauche allait "présenter une grande loi avant 2027 sur la retraite à 60 ans" s'il remportait les législatives, qui "s'appuiera sur le travail que nous ferons avec les partenaires sociaux", a-t-il ajouté. Pour financer cette réforme, le Nouveau front populaire veut notamment mettre en place "une surcotisation sur les hauts salaires" et "mettre à contribution les revenus qui échappent à la cotisation comme les dividendes, les rachats d'actions, l'intéressement ou la participation". Le Nouveau Front populaire souhaite également rétablir les facteurs de pénibilité supprimés par le gouvernement et prendre en compte le RSA pour valider des trimestres.

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