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Les chroniques de Maud Pierron

La chronique généalogie: Les dicos suprise!

Spécialiste de généalogie, notre chroniqueuse Marie-Odile Mergnac nous plonge dans la sémantique.

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Se plonger dans la généalogie, c’est aussi comprendre les mentalités des générations précédentes. Et les anciens dicos sont pour cela très utiles. Prenons le Dictionnaire des écoles primaires de Delagrave de 1868. "Bachelier" et "étudiant" y sont notés comme exclusivement masculins. Bien sûr une femme s’était présentée pour la première fois au baccalauréat en 1861, mais l’arrivée des jeunes filles dans le supérieur n’était pas encore gagnée. Le Littré des années 1900 n'a toujours pas de féminin pour "bachelier", mais a quand même ajouté "étudiante" – pour la définir hélas comme une "grisette du Quartier latin" (une grisette étant une jeune ouvrière aux mœurs légères).

Attention aux mots qui ont changé de sens. De la même racine latine que cure, curateur, curatelle, le mot "curieusement" signifiait "soigneusement". Quand Champlain écrivait au XVIIe siècle que les Indiens du Québec "cultivaient curieusement leurs champs", il voulait dire qu’ils en prenaient grand soin, pas qu’ils avaient des méthodes excentriques. Autre exemple : "formidable" signifiait "qui inspire une grande crainte" ; on parlait d’un monstre formidable, d’un dragon formidable ou d’un prince formidable pour dire qu’ils étaient effrayants et puissants. Nos ancêtres n'auraient jamais compris qu’on souhaite leur présenter une personne formidable...

Vous découvrirez même des surprises grammaticales. Un "travail" était par exemple le nom de l’armature en bois où l’on attachait les chevaux pour les ferrer. Et dans ce cas, le pluriel était travails : un travail, des travails !

Bonne plongée amusante dans les vieux dictionnaires !


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