Notre édito de la semaine
L'édito de Marie Auffret: Cet été, les grands-parents auront du travail…
Les résultats du baromètre annuel de ce spécialiste du soutien scolaire témoignent en effet que les révisions d'été sont devenues la norme dans une majorité de foyers français. En 2024, ils n'étaient "que" 94% à prévoir des vacances studieuses. C'est un petit peu moins que cette année. Quelles que soient les raisons de la hausse, qu'il s'agisse d'une perception d'un niveau en baisse, d'une pression scolaire plus forte, d'une crainte de l'avenir, ou d'une inquiétude générée par des difficultés d'orientation (la fameuse plateforme Parcoursup, particulièrement anxiogène), "ce baromètre montre un changement culturel profond: les vacances ne sont plus pensées comme une parenthèse mais comme un temps à part entière dans le parcours éducatif", observent Naël Hamameh et Jean de La Porte, codirecteurs de Cours Legendre.
Plus précisément, souligne le communiqué, la quasi-totalité des foyers avec enfants en âge scolaire structurent désormais leur été autour de temps d'étude: "Pour plus de la moitié d'entre eux, ces révisions auront lieu plusieurs fois par semaine, tandis que près d'un quart (22,6%, contre 21% en 2024) prévoient un rythme quotidien. Le reste se laisse une marge de souplesse, sans renoncer au principe même des révisions." Voilà des vacances qui prennent bien des allures de "tracances", une contraction de "travail" et de "vacances", inventée par les Québecois, pour parler du télétravail des adultes sur leur lieu de villégiature.
Ce que ne dit pas l'enquête, mais que je pressens, c'est que cette tendance, qui se renforce depuis plusieurs années, n'a pas échappé aux grands-parents. Allez savoir pourquoi, la patience et le sens de la pédagogie sautent parfois une génération! Je parle d'expérience: les divisions devant lesquelles je butais en CE1 sont devenues pour moi un jeu d'enfant grâce à ma grand-mère, et je n'ai pas le souvenir de la moindre impatience ou réprimande de sa part.
Sans surprise, les disciplines les plus travaillées restent les mêmes, révèle le baromètre: les mathématiques arrivent largement en tête (91%), devant le français (83,2%) et les langues étrangères (43,9%). Quant aux niveaux les plus concernés par ces dispositifs, ce sont "le CM1, la 6e, la 5e et la 4e, classes dites pivots sur lesquelles les familles concentrent le plus d'efforts."
Une enquête réalisée par Notre Temps, en 2022, montrait que près d'un grand-parent sur deux accompagne régulièrement ses petits-enfants dans leurs apprentissages scolaires, l'aide aux devoirs, les révisions, souvent d'ailleurs à la demande de leurs propres enfants. Une solidarité "naturelle" qui peut exister hors du cadre familial: un sur deux se disait ainsi prêt à accompagner d'autres petits-enfants que les siens. Voilà qui bat en brèche les préjugés sur l'égoïsme présumé des baby-boomers, non?
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