Notre édito de la semaine
Cet article est paru dans le magazine Notre Temps , N°671
L'édito de Marie Auffret: Bonjour, vous êtes chez vous?
Vous avez peut-être reçu cet été un SMS anonyme vous interrogeant sur votre présence à votre domicile. À moins que vous n'ayez été prévenu que votre carte Vitale est expirée, que votre colis n'entre pas dans la boîte aux lettres, que vous avez une amende impayée… Messages suivis de liens sur lesquels cliquer pour débloquer la situation soi-disant préoccupante. Vous avez peut-être été contacté par un "conseiller bancaire" vous invitant à contrer une arnaque en cours sur votre compte. Sur un ton rassurant mais pressant (par exemple: "Il faut agir vite car demain les banques sont fermées!"), il vous demande de faire opposition en partageant un code reçu par SMS. Dans la panique, vous suivez ses instructions, sans vous douter qu'il est en train de vider votre compte. Surtout, pas question de vous sentir coupable si vous avez été piégé: les coupables, ce sont les escrocs, pas les victimes, de tous âges et tout niveau social. Selon la Banque de France, 54% des Français disent avoir déjà vécu une tentative d'arnaque aux données bancaires et une personne sur dix déclare avoir été piégée. Et si, comme moi, vous vous demandez pourquoi des personnes dotées d'une imagination fertile, de sérieuses connaissances informatiques, et passées maîtres dans l'art de la persuasion, n'utilisent pas leurs talents à des occupations plus élevées et légales, un élément de réponse se trouve dans le montant de ces fraudes par "manipulation": le butin s'élève à quelque 179 millions d'euros.
Certes nous avons appris à nous méfier, et presque "à vivre avec", mais la vigilance reste essentielle face à l'intelligence artificielle qui repousse les limites du possible. Heureusement, il existe des façons de contrer ces attaques de faussaires. Notre dossier (p. II du cahier droits) vous aidera à protéger vos données personnelles et à déjouer d'éventuelles tentatives. Parlez-en à vos proches! Allez, terminons sur une note plus joyeuse et rêvons un peu à l'endroit idéal pour passer sa retraite (p. 24). Notre baromètre bisannuel, réalisé avec l'Ifop en partenariat avec le Service public de l'autonomie, en témoigne: alors que nos voisins européens aspirent souvent à traverser les frontières, les Français n'entendent pas vivre leur retraite ailleurs que chez eux… Et ça, c'est une très bonne nouvelle, non?
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