Incontournable du Val de Loire, cette forteresse bâtie sur un éperon rocheux domine la Vienne et les vignes
Cet article est paru dans le magazine Notre Temps Jeux
Aux confins de la Touraine, de l'Anjou et du Poitou
Dès le Xe siècle, une forteresse en pierre est bâtie sur cet éperon basé aux confins de la Touraine, de l'Anjou et du Poitou. Bordée de vignes, elle surplombe la Vienne qui rejoint la Loire à quelques kilomètres. Deux siècles plus tard, Henri II Plantagenêt, maître d'un empire qui s'étend de l'Écosse aux Pyrénées, y séjourne souvent en compagnie de son chancelier de l'Échiquier, car une partie de son trésor s'y trouve. Après sa mort, Philippe Auguste, roi de France, conquiert la forteresse en 1205. Si le site en belvédère est magnifique, l'histoire de ce lieu s'avère plus riche que ses vestiges. En effet, c'est là, devant les soubassements de la salle de la reconnaissance, que Jeanne d'Arc aurait reconnu Charles VII caché parmi ses conseillers en 1429: "Cette fameuse reconnaissance est une légende créée de toutes pièces au XIXe siècle, explique Marie-Ève Scheffer, la conservatrice. En vérité, ils s'étaient rencontrés une première fois dans sa chambre de parement juste avant que le roi l'envoie à Poitiers pour que ses conseillers jugent de sa bonne foi. Après leur avis positif, Jeanne revient à Chinon et rencontre à nouveau Charles VII qui décide de lui faire fabriquer un porte-étendard et une armure."
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La chapelle Sainte-Radegonde à Chinon
Selon la tradition, sainte Radegonde, reine des Francs, aurait visité l'ermite Jean dans cette cavité. Depuis la découverte en 1964 d'une fresque murale du XIIe siècle, cette chapelle semi-troglodytique fascine les historiens. Pour beaucoup d'entre eux, cette scène de chasse serait en effet l'une des seules représentations connues d'Henri II Plantagenêt, de sa femme Aliénor d'Aquitaine et de leurs enfants Jean sans Terre et Richard Cœur de Lion…
Dans le logis royal et sur les traces de la Pucelle d'Orléans
Se trouvent également la chambre d'Aliénor puis, à l'étage, les appartements de Marie d'Anjou, femme de Charles VII. Enfin, le parcours mène aux appartements de Charles VII, avec son lit du XVe siècle. De retour sur la terrasse, la ville en contrebas présente un habitat contraint par les anciens remparts.
S'il existe un ascenseur pour gagner la ville basse, mieux vaut emprunter la rampe rudement pavée qu'a grimpée Jeanne. Pentue, elle descend directement devant la margelle d'un puits où la Pucelle aurait posé le pied pour monter à cheval. Bertrand Tavernier a profité de ce décor médiéval pour y tourner La Princesse de Montpensier. Ce choix s'explique aisément si on parcourt la rue Haute-Saint-Maurice et sa succession de magnifiques maisons à pans de bois et hôtels particuliers. D'abord, voici l'hôtel du Gouvernement du XVIIe siècle avec son splendide escalier et, à côté, l'hôtel Poirier-de-Beauvais où a vécu le révolutionnaire Tallien.
Des caves dans la falaise
Plus loin, Jeanne a prié dans l'église Saint-Maurice ornée de magnifiques voûtes d'ogive et de colonnes portées par des têtes sculptées. Comme un pied de nez, l'hôtel parti- culier en face appartient à la loge maçonnique Les Enfants de Rabelais. Au bout de la rue, les caves de Marc Plouzeau ouvrent devant la Vienne et s'enfoncent dans la falaise. Au milieu de dizaines de tonneaux, le propriétaire montre le puits d'extraction qui atteint les 25 mètres. Avec un grand sourire, il explique: "Ma cave est située dans une carrière du Xe siècle qui a tout simplement servi à bâtir la forteresse. Elle est juste au-dessus de nous!"
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