Notretemps.com Notretemps.com Notretemps.com

Grâce à l'IA, les radars automatiques pourraient bientôt détecter de nouvelles infractions

La Sécurité routière souhaite améliorer le contrôle des automobilistes. Les futurs radars pourraient bientôt détecter l’usage du téléphone au volant, le non-port de la ceinture ou encore le non-respect des distances de sécurité. Un appel à projet a été lancé en direction des fabricants, qui devront prévoir des mesures juridiques adaptées.

Vous aimez cet article?

Le contrôle des infractions routières va évoluer au cours des prochaines années. Les radars devraient bientôt être capables de détecter bien plus que le simple excès de vitesse ou le franchissement de feux tricolores, comme c'est le cas actuellement avec les radars tourelles. Le Département du contrôle automatisé (DCA) a ainsi lancé un appel d'offres afin de préparer le déploiement des nouveaux radars pour la période 2026-2030, rapporte L'Argus.

"Ceci concerne tous les travaux visant à étudier et définir de nouveaux dispositifs (radars, systèmes associés), les faire évoluer, concevoir des expérimentations, les suivre et étudier toute technologie innovante permettant d'améliorer ou d'optimiser les dispositifs", est-il précisé dans le document remis aux fabricants et spécialistes des radars et dispositifs de contrôle.

Radars automatiques: de nouvelles infractions dans le viseur

Pour la DCA, il est temps de faire évoluer ses dispositifs. Initialement, les radars tourelles devaient être capables de détecter une quinzaine d'infractions différentes, rappelle le site spécialisé. Du haut de leur mât de 4 mètres, ils se limitent aujourd'hui à deux infractions… et encore, pas simultanément. Or, dans les annexes budgétaires de la Sécurité routière publiées l'an dernier, il était indiqué qu'il fallait s'approprier des "techniques innovantes, comme l'extension de l'usage de l'intelligence artificielle, pour améliorer les performances du contrôle automatisé".

De nouvelles infractions sont donc dans le viseur, comme l'utilisation du téléphone au volant ou le non-port de la ceinture de sécurité, précise BFMTV. Les outils de détection existent déjà, mais la difficulté réside dans la réglementation, car il s'agit de filmer l'habitacle des véhicules. Les fabricants devront donc "proposer les évolutions réglementaires sous forme de rapports d'analyse, d'avant-projets de textes argumentés et d'études d'impact préliminaires". À la réponse technique devra s'ajouter "un moyen juridique opposable aux contrevenants".

Les usagers sceptiques

Aucune liste précise des infractions visées par la Sécurité routière n'a encore été publiée. Toutefois, L'Argus estime que la vérification des distances de sécurité, ou interdistance, pourrait être facilement mise en place. Elle pourrait déjà l'être avec les radars discriminants (ces appareils noirs capables de distinguer voitures et camions) ou les radars urbains équipés de lidars 3D.

Encore faudra-t-il prouver qu'un automobiliste ne se retrouve pas en infraction après avoir été victime d'une queue de poisson. "Si un automobiliste est doublé par un autre et que ce dernier se rabat trop près, c'est souvent le véhicule doublé qui sera sanctionné pour non-respect des distances, alors qu'il est la victime, pointe Philippe Nozière, président de 40 millions d'automobilistes cité par Auto-Moto. Ces radars n'améliorent pas la sécurité, ils servent surtout des intérêts financiers".

"Remettre l’humain au cœur des contrôles"

L'association réclame des sanctions pour les comportements les plus dangereux, et pas seulement ceux qui peuvent être relevés automatiquement par les radars sans l'intervention des forces de l'ordre. "On ne pourra jamais arrêter un conducteur ivre avec un radar, aussi intelligent soit-il. Il faut remettre l'humain au cœur des contrôles et renforcer la prévention", scande Philippe Nozière.

En attendant, la modernisation du parc de radars se poursuit. Les radars tourelles remplacent progressivement les cabines grises historiques, dont il reste encore 600 modèles. D'ici fin 2028, ce sont 1 700 radars tourelles qui jalonneront le réseau routier. Aujourd'hui, on compte également 4 000 radars fixes et 500 voitures-radars privées.

Prolongez votre lecture sur le sujet :

Commentaires (1)