Espoir concret contre la DMLA: une puce rétinienne restaure partiellement la vue!
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Principale cause de cécité dans le monde, la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) survient généralement après 60 ans et génère une perte progressive de la vision centrale. Elle se caractérise par une atteinte de la macula, la partie centrale de la rétine, qui permet une vision fine et détaillée permettant de lire ou de reconnaitre les visages.
Dans sa forme dite sèche ou atrophique, les cellules photoréceptrices qui captent la lumière et transmettent les images au cerveau disparaissent progressivement. Et comme il n'y a pas de traitement à ce jour pour freiner l'évolution de la maladie, la vision centrale est à terme perdue, irrémédiablement. D'où l'intérêt et le grand espoir suscité par les travaux d'une équipe internationale, portée par le Professeur José-Alain Sahel, notre plus éminent ophtalmologiste français, associant l'université Stanford, la société Science Corporation, l'Institut de la vision (Inserm/CNRS/Sorbonne Université), la fondation Adolphe de Rothschild, et l'Hôpital national des 15-20.
Publiée ce 20 octobre 2025 dans la revue New England Journal of Medicine, leur étude a montré que le système de neurostimulation appelé Prima, conçu par le chercheur Daniel Palanker à l'université de Stanford (Etats-Unis), est capable de restaurer la vue de patients atteints à un stade avancé de la maladie. Le système, qui se compose d'un implant sous rétinien sans fil et d'une paire de lunettes à réalité augmentée, permet en effet de transformer la lumière en signaux électriques communiqués au cerveau. Et de restaurer la vue malgré la disparition des cellules photoréceptrices de la macula.
DMLA: une puce rétinienne restaure partiellement la vue
Concrètement, les lunettes sont équipées d'une caméra miniature qui capte les images extérieures et transmet le flux vidéo à un petit ordinateur de poche. Un algorithme améliore les images et peut les grossir jusqu'à douze fois: le flux vidéo est ensuite converti en faisceaux de rayons infrarouges, projetés en temps réel via les lunettes sur l'implant (ou micropuce photovoltaïque) de 2 fois 2 mm préalablement greffé sous la rétine. L'énergie apportée par le faisceau infrarouge active chacune des 378 électrodes disposées dans l'implant.
L'étude clinique a inclus 38 patients atteints de forme atrophique de DMLA, recrutés dans 17 centres dans cinq pays européens, dont plusieurs sites français. Ils étaient âgés en moyenne de 78,9 ans et présentaient une vision très altérée. "Plus de 80% d'entre eux ont pu relire des lettres et des mots. Certains ont même pu lire des pages entières de livres et s'orienter dans le métro en pouvant distinguer le nom des stations, commente le Professeur Sahel. C'est exceptionnel, car c'est la première fois qu'on atteint, sur un si grand nombre de patients, une récupération visuelle aussi importante!". Avec, qui plus est, une bonne tolérance et un bénéfice qualifié de "bien supérieur aux effets indésirables".
Obtenir le feu vert des autorités sanitaires en Europe
Ce résultat, fruit de plus de dix ans de travail, est une première étape, car déjà l'équipe est en train de perfectionner le dispositif: "on optimise le système extérieur, mais aussi l'implant: il dispose pour l'instant de 378 électrodes, mais pourra peut-être à l'avenir être encore amélioré, avec plus d'électrodes, pour encore plus de bénéfice. Quant aux lunettes connectées, elles vont être de plus en plus légères et ressembler à des lunettes classiques, ajoute le Pr Sahel, qui espère obtenir d'ici un à deux ans pour ce dispositif le marquage CE et le feu vert des autorités sanitaires en Europe afin d'en faire profiter le plus grand nombre.
Si cette prothèse électronique semble avoir pris l'avantage après cette étude concluante, d'autres approches, comme la thérapie génique, ou même la thérapie cellulaire, qui consiste à remplacer les cellules mortes de la rétine par des cellules souches, sont également à l'étude. "Et c'est une bonne chose, conclut José-Alain Sahel, car certaines approches fonctionneront sur certains patients et pas sur d'autres. C'est bien d'avoir plusieurs outils: quand vous livrez une bataille, il faut se doter de toutes les armes possibles".
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