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Devenir grands-parents, un vrai changement de vie?

Réticent à être appelé "Papy" ou dans les starting-blocks pour être une mamie gâteaux, devenir grand-parent laisse rarement indifférent et marque souvent un tournant dans son parcours de vie.

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"J'avais eu ma fille au début d'une carrière dans laquelle je me suis beaucoup investi par désir de revanche sociale, se souvient Daniel, 67 ans. Je dois avouer que je ne lui ai pas consacré beaucoup de temps. Je n'avais pas l'intention de m'investir plus auprès de mes petits-enfants, mais finalement j'ai eu un coup de cœur pour ma petite-fille et je rattrape avec elle ce que je considère maintenant comme du temps perdu."

Un changement de statut face au temps

Qu'elle soit attendue ou redoutée, la naissance du premier petit-enfant représente une évolution dans le rapport au temps qui passe. "Cela donne l'impression de vieillir d'un coup et de se rapprocher de sa finitude, souligne Nicole Prieur, thérapeute et autrice des Trahisons nécessaires. S'autoriser à être soi (Robert Laffont). Tout dépend alors de la relation qu'entretient chacun au vieillissement, à ses rides, etc." Pour échapper à cette sensation d'être projetées vers un supposé grand âge, certaines femmes refusent d'être appelée "Mamie". "Je vois des grands-mères imposer des surnoms comme Mamilou ou Nonna, un vocabulaire moins marquant comme senior dans l'échelle du temps", poursuit Nicole Prieur.

Un réajustement des relations

Ce nouveau rôle de grand-parent rebat des cartes. D'abord avec nos enfants dont l'entrée dans la parentalité les inscrit plus nettement dans une position d'adultes. "Il est raisonnable de taire notre regard sur leur façon d'être parents", souligne la thérapeute. Se pose aussi la question de la place occupée auprès de la petite-fille ou du petit-fils: quel sera notre accès à cet enfant? quelle place nous laissera le beau-fils ou la belle-fille? quelles relations aurons-nous avec les autres grands-parents?

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Au sein du couple, des réajustements s'imposeront aussi peut-être. "Souvent la grand-mère a envie de s'investir auprès de ses petits-enfants, alors que son mari ne le souhaite pas, relève Nicole Prieur. Il est aussi difficile de devenir la première grand-mère d'un groupe d'amies parce que les autres ne comprennent pas forcément que les événements liés au bébé deviennent centraux."

Une perte de liberté?

Les jeunes grands-parents peuvent craindre de voir leur liberté plus restreinte, en particulier s'ils sont dans une phase de consolidation de leur couple après le départ du petit dernier. "Il existe une assignation à être un grand-parent parfait, c'est-à-dire disponible, souriant, en charge de la transmission et du récit de l'histoire familiale, explique Nicole Prieur. Cette assignation à être une grand-mère heureuse et un grand-père épanoui peut être lourde." Mais certains, au départ réfractaires à endosser ce rôle, finissent par y trouver leur compte.

"L'enfant est acteur de la relation, rappelle la thérapeute. Sans les objectifs pédagogiques et éducationnels qui verrouillent un peu le lien, la relation se passe généralement bien. Les grands-parents présents pour s'occuper des petits-enfants et les aimer s'en trouvent souvent renarcissisés, revalorisés, avec un réel plaisir à partager de bons moments en prenant enfin leur temps, ce qu'ils n'ont pas pu faire avec leurs enfants."

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