Défi sucre: Nelly, 81 ans: "Je n’arrive ni à me passer de ma pâtisserie du dimanche ni des biscuits au goûter"
Cet article est paru dans le magazine Notre Temps , N°665
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Seule saveur appréciée dès la naissance, le sucré nous régale et nous réconforte. Jusqu'à quel point peut-on y succomber? L'excès de sucre, qu'il se niche dans des gourmandises ou se cache dans les aliments industriels, expose en effet à un risque accru de prise de poids et de caries mais aussi de diabète et de maladie du foie (stéatose hépatique), surtout en cas de prédisposition. Pour aider nos lectrices (aucun homme, malgré nos appels à participation, ne s'est lancé dans le défi) à trouver la juste mesure, nous avons fait appel au Dr Patrick Serog, nutritionniste et spécialiste du diabète, et à Roseline Levy-Basse, psychologue spécialisée dans les troubles des conduites alimentaires, coauteurs de Bien manger pour bien vieillir (éd. In Press, 2024).
Nelly, 81 ans Le Vésinet (Yvelines) relève le défi "pour activer sa guérison et se protéger"
Je suis motivée pour le défi, car je suis limite diabétique, m'a dit mon médecin. Et depuis peu, je suis traitée pour une récidive de cancer du sein. Je suppose que manger moins de sucre activera ma guérison et me protégera du diabète. J'ai déjà supprimé le sucre dans le café il y a vingt ans, et c'est dur de faire plus. Je prends des fruits à chaque repas, je n'arrive ni à me passer de ma pâtisserie du dimanche ni des biscuits au goûter, et il m'arrive souvent de manger du chocolat (parfois trop!) après dîner. Être coachée devrait m'aider à trouver des substituts."
L’avis du Dr Patrick Serog, nutritionniste
Nelly n'a pas vraiment une consommation excessive de sucre. Je lui explique qu'en prévention d'un diabète, le principal est de manger biscuits ou pâtisseries au sein de repas équilibrés, comportant notamment des fibres (légumes) et des protéines, de façon qu'ils soient digérés plus lentement et n'élèvent pas excessivement la glycémie. Compte tenu de la récidive du cancer, la priorité aujourd'hui est de prévenir une perte de poids. Nelly a un poids limite.
Pour garder de bons muscles, je lui conseille d'étoffer son dîner, trop léger, avec plus de protéines (ajouter un oeuf, par exemple) et systématiquement des féculents. Je l'encourage à continuer de cuisiner maison, même lorsqu'elle est fatiguée avec des plats très simples (omelettes, pâtes au fromage…), car trop d'aliments industriels dits "ultratransformés" augmentent le risque de diabète et de cancer.
Les conseils de Roseline Levy-Basse, psychologue
Nelly n'est pas du tout "addict" au sucre. Mais elle manque parfois d'appétit et n'a pas toujours envie de cuisiner. Je lui rappelle l'importance d'avoir du plaisir à manger. Donc de ne pas supprimer les aliments sucrés, puisqu'elle n'en abuse pas! Pour stimuler l'appétit, je l'encourage à poursuivre ses activités (qi gong, gym, théâtre…) qui l'aident à conserver un bon moral.
Un mois plus tard
"Les entretiens avec les deux spécialistes m'ont beaucoup aidée. Je suis au mieux les conseils du nutritionniste, car l'oncologue m'a sensibilisée à l'importance de manger équilibré pour mieux résister au cancer. J'ai remplacé les biscuits du goûter par des amandes, qui me font autant plaisir et nourrissent mieux.
Je prends un fruit à chaque repas, et un dîner plus complet, cela limite mon envie de chocolat le soir: c'est une bonne chose, car il m'arrivait de retourner plusieurs fois en chercher et de finir la tablette. Avec mes enfants, je garde la pâtisserie du dimanche, je la déguste désormais sans remords. Je suis contente car je n'ai pas maigri. Bien qu'un peu fatiguée par mon traitement, je maintiens mes cours de qi gong et de gym posturale, pour préserver mes muscles. Ça me fait beaucoup de bien moralement."
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