Christian a pris sa retraite de boulanger: il nous dévoile ses revenus
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Son CAP de pâtissier en poche, à 17 ans, Christian a commencé à travailler comme salarié dans une pâtisserie. Sept ans plus tard, après quelques stages en entreprise pour apprendre le métier de boulanger, il s'est installé à son compte. "Pour moi, c'était facile, mon grand-père, puis mon père étaient boulangers. C'est un bon complément pour la pâtisserie, car ça génère plus d'activité", explique-t-il.
En 1984, il a quitté l'est de la France pour acheter un fonds de commerce à Paris. Ce fut le début d'une aventure parisienne qui durera trente ans. Sa première boulangerie-pâtisserie revendue, il en a acheté une autre, qu'il a fait prospérer jusqu'à embaucher près de 10 salariés. Mais en 2013, des problèmes de santé l'ont contraint à passer la main. C'est son fils qui a repris le flambeau.
Une baisse de revenus notable à la retraite
A la fin de sa carrière, Christian et son épouse gagnaient l'équivalent de 4 000 € par mois sur leur chiffre d'affaires. Depuis qu'ils ont cessé leur activité, leurs retraites s'élèvent au total à 2 400 €. Christian perçoit 1 400 € de retraite de base et 600 € de retraite complémentaire. Sa femme, qui a peu cotisé en tant que conjoint collaborateur, ne perçoit au total que 400 €. Soit au total une baisse de revenus mensuels de 1 600 €. Mais Christian avait anticipé en souscrivant un Plan d'Epargne Retraite Médicis. A ce titre, il perçoit une rente de 200 € par mois, réduisant la baisse de revenus mensuelle, qui s'établit néanmoins à 1 400 €. Soit une perte de 35 % par rapport aux revenus d'activité du couple.
Un départ à 60 ans pour raisons de santé
Outre le fait qu'en tant que travailleur indépendant, Christian a une moindre retraite que s'il était resté salarié (car il ne bénéficie pas d'une prise en charge de cotisations sociales par un employeur), le calcul de sa pension a été impacté par ses problèmes de santé. En effet, lorsqu'il a dû cesser son activité pour raisons médicales, Christian avait travaillé pendant 30 ans en tant qu'indépendant et 7 ans comme salarié. Au total, 37 ans d'activité, soit 148 trimestres. Or, à l'époque, l'âge légal de départ à la retraite pour les natifs de 1954 était de 61 ans et 7 mois et il fallait justifier de 165 trimestres pour avoir droit à une retraite à taux plein.
Du fait de ses soucis de santé, Christian a été déclaré inapte à la poursuite de ses activités, ce qui lui a permis de partir dès 60 ans avec le taux plein. Cependant, le fait de ne pas justifier de tous les trimestres requis joue en sa défaveur dans le calcul de sa pension. En effet, pour les indépendants comme pour les salariés, la formule de calcul est identique: moyenne des 25 meilleures années de revenus x taux (plein ou affecté d'une décote) x nombre de trimestres acquis/nombre de trimestres requis.
Dans le cas de Christian, le taux a été porté à 50 %, taux plein pour inaptitude, mais la fraction est affectée du nombre de trimestres manquants: 148/165. Il ne perçoit donc que 89,69 % de sa retraite pourtant calculée à taux plein.
Il faut préserver un capital
Certes, la retraite de Christian et son épouse n'est pas très élevée, "mais nous avons préservé un capital", objecte Christian. Il n'a pas fait une affaire sur la vente de son fonds de commerce, dans la mesure où son acquéreur était son fils, mais au moins, il a assuré la transmission de son patrimoine dans de bonnes conditions. De nos jours, il constate que les conditions d'installation des boulangers sont plus difficiles: "en province, des chaînes de boulangeries s'installent à la périphérie des villes et étouffent le commerce en centre-ville. En zone rurale, il y a de moins en moins de boulangers. Quant à Paris, ce sont des investisseurs qui achètent 5, 10 ou 15 affaires et étouffent ainsi le marché. Ceux qui veulent débuter dans le métier n'ont plus accès à des petites boulangeries et doivent donc acheter des affaires de taille moyenne en s'endettant, sachant que les banques ne suivent pas forcément. "
Lui a bénéficié d'un contexte plus favorable et garde à l'esprit le plaisir du métier et de l'esprit coopératif dans la profession. Aujourd'hui président de l'amicale des anciens boulangers de Paris et petite couronne, il donne un coup de main à ses pairs lors de manifestations comme la fête du pain.
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