Cette ville française mondialement connue célèbre la paix et son patrimoine gourmand
Cet article est paru dans le magazine Notre Temps Jeux
Une bourgade chargée d'histoire: Verdun
Tous les Français connaissent Verdun. Et pour cause! Le 21 février 1916, le premier obus tombe sur la ville. Erich von Falkenhayn, commandant en chef de l'armée allemande, veut "saigner à blanc l'armée française". L'opération "Jugement" s'achèvera le 18 décembre après la mort de 700 000 hommes, à peu près également répartis entre les belligérants.
Aujourd'hui, Verdun est une charmante bourgade, certes chargée d'histoire, où un apothicaire a inventé en 1220 la dragée en enrobant une amande de sucre et de miel! Le long de la Meuse, les pêcheurs y taquinent une pléiade de truites. La journée, les rameurs du Cercle nautique s'y entraînent, espérant glaner de nouvelles médailles olympiques. Quai de Londres, les terrasses des cafés se sont posées devant les pénichettes amarrées entre la porte Chaussée et le monument de la Victoire bâti sur les fondations du castrum, camp fortifié romain.
Dans le marché couvert, les marchands proposent pâtés lorrains, truffes locales et bries de Meaux, le département en étant le plus gros producteur. Plus loin, on aperçoit le pont-écluse de Saint-Amand, conçu par Vauban pour inonder les troupes ennemies. Son mécanisme est le dernier de ce type existant en France! Place Galant, Jonathan, guide conférencier, raconte que les Vikings ont vendu pendant cinq siècles des esclaves capturés dans les pays slaves. "Venus d'Espagne, les maures payaient 90 grammes d'or pour un homme; 120 pour une femme". Ensuite, il faut grimper dans la ville haute visiter le musée de la Princerie. Consacré à l'histoire de Verdun, cet hôtel Renaissance abrite une amusante collection de taque de cheminées (plaque décorée) et de petits joyaux comme un peigne liturgique en ivoire offert en 1120 à l'évêque de Verdun. Justement, la rue de la Belle-vierge grimpe vers la cathédrale. Dans sa crypte, des chapiteaux sculptés la représentent avec ses quatre tours d'origine et d'autres évoquent le sort des Poilus. À côté, le centre mondial, dans l'ancien palais épiscopal accueille un pan du mur de Berlin. Et la guerre? Elle est loin…
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Le Mémorial, l'histoire
Un Allemand écrit: "Nous avons passé trois jours couchés dans les trous d'obus, à voir la mort de près, à l'attendre à chaque instant. Et cela, sans la moindre goutte d'eau". Créé sous l'impulsion de l'écrivain Maurice Genevoix, ce musée retrace la bataille à travers lettres, films, photos ou la reconstitution de la Voie sacrée avec ses camions Berliet de transport de troupes. Au dernier étage, des images de synthèse permettent de découvrir la région autrefois couverte de champs et villages, aujourd'hui ensevelis sous la forêt.
La citadelle souterraine de Verdun, une expérience immersive
Pour découvrir les champs de bataille, il faut quitter la ville. Mais pour s'y préparer, il faut entrer dans la citadelle souterraine. Aujourd'hui, le visiteur monte dans une nacelle munie d'un chandail pour aronter les 7 degrés des couloirs interminables. Après avoir enfilé des lunettes 3D, il entre dans la peau de l'un des 10000 soldats qui y profitaient de quelques heures d'accalmie avant de remonter au front. Pour leur rendre hommage, le soldat inconnu y a été choisi le 10 novembre 1920 avant de reposer à tout jamais sous l'Arc de Triomphe à Paris.
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L'ossuaire de Douaumont
L'émotion étreint le visiteur lorsqu'il voit ce gigantesque monument encadré de milliers de croix, d'un cimetière israélite et d'un carré musulman. L'hommage, main dans la main, entre Helmut Kohl et François Mitterrand en 1984 y scella la réconciliation franco-allemande, devant les 130 000 inconnus, Allemands et Français qui y reposent, os enchevêtrés. Tous les soirs, à 23 heures, la lanterne rouge et blanche des morts illumine la nuit à des kilomètres à la ronde, incitant à la gravité et à la réflexion.
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Le musée du poste de garde, l'humanité
Ce musée met en parallèle les dessins croqués par Michel Dupré avec les photographies de Pierre Brancher. Ces deux poilus du 324e régiment d'infanterie de Laval ont saisi sur le vif le quotidien de leurs camarades, de la terreur des tranchées au repos dans des péniches amarrées sur la Meuse. Une collection d'objets complète cette mise en scène réussie de la vie de ce régiment dont la moitié des hommes ont péri à Verdun.
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