Vous avez peur du conflit? 5 stratégies pour reprendre confiance
Vous aimez cet article?
La vie familiale, intime et professionnelle nous met parfois à l'épreuve quand nous ne comprenons pas ou nous nous opposons à nos interlocuteurs. Dans une société de plus en plus polarisée, il n'est pas toujours facile de s'écouter et de se faire entendre. Notre Temps vous propose une expérience unique et originale: rencontrer quelqu'un qui ne pense pas comme vous… et prendre le temps de discuter, vraiment, dans le respect et l'écoute. Pas pour convaincre, mais pour se comprendre. Le nom de cette expérience? Faut qu'on parle.
Lire aussi > Faut qu'on parle: et si vous rencontriez quelqu'un qui ne pense pas comme vous?
À l'occasion de cette opération, dont Notre Temps est partenaire, nous vous proposons une série d'articles qui pourraient vous aider à améliorer votre compréhension, communication et bienveillance. Voici un premier article consacré à la peur du conflit et comment la dépasser.
Une explication tendue avec votre fille, un "savon" d'un patron, un débat houleux lors d'un repas familial… Compliqué de se tenir loin de tout conflit. Car la vie sociale s'accompagne de mésentente et de frictions. Mais pour certains, le moindre haussement de ton devient insupportable. Alors ils préfèrent se recroqueviller dans leur coquille plutôt que de dire haut et fort leur opinion et d'assumer leur désaccord. Au point qu'une peur panique de tout conflit peut s'installer.
Pourtant, fuir les confrontations peut nuire à votre bien-être. Si à chaque petit accrochage, vous accumulez frustrations, incompréhensions et non-dits, vous ruminez, vous regrettez vos propos ou votre silence, vous risquez d'entrer dans un cercle vicieux. Moins vous essaierez de sortir de votre mutisme et crainte, plus vous risquez de vous éloigner de ceux que vous aimez. Or on sait combien l'isolement est délétère pour la santé mentale et même physique. Continuer à avoir des échanges nourris, une vie sociale riche après la retraite protège à la fois votre cerveau et votre moral. Alors comment sortir de cette peur du conflit? Voici 5 bonnes idées à adopter… ou adapter.
Lire aussi > Mes enfants sont en conflit, dois-je intervenir?
Bien se connaître
"Connais-toi toi-même!" Ce n'est pas Socrate qui renierait ce préalable à bien des situations complexes: avant de vous mettre à la place des autres, commencez par vous comprendre vous-même. Si cette maxime peut sembler simpliste, elle revient pourtant bien souvent dans la bouche des psychologues qui enjoignent à bien repérer nos émotions, nos valeurs, nos besoins, nos limites… mais aussi à les nommer et les exprimer. Et ainsi éviter de se laisser piétiner par un collègue plus affirmé, un proche plus colérique ou un ami moins respectueux. "La première étape, c'est de se centrer sur soi: essayer d'abord de comprendre d'où vient cette peur du conflit", introduit Jérôme Palazzolo, psychiatre à Nice et auteur de Santé mentale pour les Nuls*. Il arrive que des personnes qui ont été éduquées dans des familles où les échanges violents polluaient les relations ou au contraire où tout haussement de sourcil était banni développent une crainte outrancière de tout conflit. Si vous connaissez les sujets qui provoquent chez vous des bouffées d'angoisse, vous serez plus à même de gérer des explosions de larmes, de colère ou un sentiment de sidération en cas d'accrochage.
Lire aussi > Couple: pour me défendre, j'agresse
Changez votre perception du conflit
Une opposition n'est pas forcément agressive ou synonyme de séquelles durables et douloureuses. Il est possible d'entrer dans un dialogue, dans une conversation, de ne pas être d'accord et pourtant de s'écouter. C'est tout le propos de l'opération "Faut qu'on parle". Typiquement ce qu'un psychologue pourrait vous enjoindre à tester pour sortir de votre zone de confort… et de vos peurs.
Au-delà de cette opération, chacun a intérêt à voir le désaccord comme une opportunité. Trouver un terrain d'entente, même pour se dire qu'on est juste d'accord sur le fait que ne pense pas la même chose, c'est déjà bien! Vous pourriez apprendre des choses, remettre en question des opinions, faire travailler vos neurones, votre diction, votre raisonnement. L'objectif n'est pas de convaincre, de gagner un match, mais de vous faire entendre, d'écouter l'autre et d'en ressortir un peu plus riche, éclairé, nourri.
Apprenez à vous affirmer
À force d'être gentil mais pas forcément vous-même, de faire semblant d'être d'accord, d'accepter les injonctions et désirs des autres qui vont à l'inverse de vos souhaits, vous risquez de connaître un conflit intérieur. Et de voir votre rancœur gonfler. Et votre image de soi s'abîmer. À quoi bon recevoir ma petite-fille si elle m'asticote à chaque fois sur le féminisme ou l'écologie? Voilà pourquoi retrouver confiance en vous et passer par l'affirmation de soi peut aider à exprimer ses options sans éclat de voix, ni timidité. "C'est important de faire valoir ses droits, mais en respectant ceux de l'autre, reprend Jérôme Palazzolo. Pour tenter d'être dans un échange d'égal à égal et faire que du débat débouche un compromis, une remise en question, que ça serve à quelque chose!"
Lui appelle toutefois à faire le tri entre les situations ou personnes qui peuvent générer un échange constructif, nourrissant… et les autres. Le silence, le retrait, c'est un moyen de protection parfois bien utile. "L'objectif, c'est de choisir ses combats, reprend-il. Là où il y a possibilité d'échanger, de discuter, c'est important d'y aller. C'est de la discussion que vient la lumière. Mais on a tous des souvenirs de repas de famille où chacun tient un discours, tout le monde crie, dans ce cas c'est un peu vain de faire entendre sa voix. Il peut-être plus intéressant de discuter avec d'autres personnes, y compris des inconnus, capables d'échange et non dans une volonté d'affirmer leur point de vue."
Anticipez les situations sensibles
Vous savez que votre prochaine rencontre avec une amie de longue date risque d'être un peu remuante en raison d'un désaccord sur la géopolitique? Pourquoi ne pas imaginer à l'avance les éventuels sujets de friction. Non pour les éviter, mais les préparer! "Vous pouvez analyser l'environnement: est-ce qu'il sera bruyant, est-ce que vous serez nombreux, assis en face à face… En fonction de ces paramètres, l'attitude, le ton et la qualité du message sera différent."
La question du lieu, mais aussi le choix du moment sont essentiels. Car une même opinion peut prendre des atours plus excessifs quand on s'exprime dans une soirée à 10, avec des personnes agressives et un peu d'alcool plutôt que sous le sceau de la confidence à deux. "Si vous craignez un débat difficile, où vous risquez de perdre vos moyens, vous pouvez vous entraîner devant une caméra, ou un miroir, pour voir comment vous posez votre voix, vous bougez, quels arguments vous voudriez avancer, conseille le psychiatre. On peut même s'entraîner et voir si on change d'attitude quand on récite une recette… et qu'on rentre dans une explication politique." Sans doute que cet entraînement vous aidera à avoir moins peur de la confrontation, à vous sentir plus serein et à repérer les signaux que vous perdez le contrôle.
Surveillez vos réactions physiques
Ça y est, vous vous lancez! Observez votre posture, votre respiration, votre pouls, vos bras… "Lorsqu'on a une anxiété, une crainte il y a tout un phénomène physiologique qui se met en place: la respiration s'accélère, le rythme cardiaque également, on ressent une tension musculaire, on crispe sa mâchoire", liste le psychiatre. Apprenez à reconnaître ces signaux… et à calmer ces manifestations. Pourquoi ne pas se lever, faire quelques pas, un peu de vaisselle pour calmer vos nerfs et reprendre vos esprits. "On peut mettre en place des stratégies de détente, par exemple avec la respiration carrée où on inspire sur 4 secondes, on bloque sur 4 secondes, on expire et on rebloque." Cela peut se faire avant un dîner redouté, en direct, discrètement, lors de l'échange et c'est très efficace!
* La santé mentale pour les Nuls, First, septembre 2025, 24,95€.
Prolongez votre lecture sur le sujet :
Vous êtes un utilisateur de Google Actualités ou de WhatsApp ?
Suivez-nous pour ne rien rater de l'actu !
Commentaires (0)